EN DIRECT-Castets demande à Macron de "prendre ses responsabilités" et de la nommer Première ministre information fournie par Reuters 24/07/2024 à 09:01
Candidate du Nouveau Front Populaire (NFP) pour Matignon, Lucie Castets a appelé mercredi Emmanuel Macron à "prendre ses responsabilités" et à la nommer Première ministre, bien que le président de la République ait déclaré mardi soir qu'il n'en avait aucune intention.
La gauche ne décolère pas après cette fin de non recevoir présidentielle, fustigeant le "mépris" ou encore le "déni démocratique" du chef de l'Etat, qui refuse selon elle de reconnaître le résultat des élections législatives.
Interrogé mardi soir sur France 2, Emmanuel Macron a balayé d'un revers de la main la candidature pour Matignon de Lucie Castets, une haute fonctionnaire de 37 ans, très engagée dans la défense des services publics, alors que les partis de gauche venaient de s'entendre sur son nom après deux semaines de laborieuses tractations.
Le président de la République a justifié son choix par le fait que la gauche n'a pas la majorité absolue à l'Assemblée nationale et qu'il incombe donc, selon lui, aux groupes parlementaires de "trouver des compromis" pour réitérer dans l'Hémicycle le "front républicain" de l'entre-deux tours des élections législatives, qui visait à faire barrage au Rassemblement national.
Il a ajouté que pour éviter tout "désordre" pendant les Jeux olympiques, le gouvernement démissionnaire resterait en place "au moins jusqu'à la mi-août".
LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS
8h40 - Emmanuel Macron a réagi "comme un enfant paniqué" en rejetant la candidature de Lucie Castets pour Matignon sans même prononcer son nom, ce qui est assez "méprisant", a accusé la chef de file écologiste Marine Tondelier sur franceinfo.
"Je pense qu'à 19h, quand il a appris (que le NFP proposait une candidate), il n'a pas trop su comment gérer la nouvelle et donc, comme un enfant paniqué, la seule chose qu'il a su annoncer à 20h c'est qu'il disait 'non', mais on n'a pas compris ce qu'il proposait", a-telle estimé.
"On dirait mon fils de 5 ans quand il triche au Monopoly Junior", a asséné Marine Tondelier. "C'est normal pour un enfant de 5 ans (mais) Emmanuel Macron est président de la République, il faut être sérieux."
8h40 - Le ministre de l'Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, est "à la disposition du président de la République", qui a exclu de nommer un nouveau Premier ministre avant au moins la mi-août, après les Jeux olympiques.
"S'il faut rester jusqu'à début septembre, je resterai jusqu'à début septembre", a-t-il déclaré sur BFMTV. "Pour la rentrée, il serait normal que nous ayons un gouvernement de plein exercice qui puisse tirer les conclusions des élections législatives."
8h20 - "Je suis prête, nous sommes prêts, je demande au président de la République de prendre ses responsabilités et de me nommer Premier ministre", a déclaré Lucie Castets, proposée par le NFP pour Matignon, en réponse au rejet de sa candidature par Emmanuel Macron.
"Les électeurs ont placé le programme de rupture du NFP en tête des élections (...) On ne peut pas rester dans la paralysie comme le propose Emmanuel Macron", a-t-elle insisté sur France Inter.
"Depuis plusieurs années, nous assistons à une pratique du pouvoir extrêmement verticale, un Parlement méprisé : nous proposons un changement de méthode, en renouant le dialogue avec les syndicats, les associations (...)"
"Nous continuerons à mettre la pression sur le président de la République pour qu'il tienne compte du verdict des urnes et nous comptons aussi sur la société pour nous aider à pousser cet élan puisqu'un espoir est né et qu'il faut maintenant le concrétiser."
7h50 - Le coordinateur de la France insoumise (LFI), Manuel Bompard, est "estomaqué, sidéré par le mépris, l'arrogance et la violence de l'intervention" d'Emmanuel Macron, qui a "balayé d'un revers de la main" la proposition du NFP de nommer Lucie Castets à Matignon.
"J'ai l'impression d'avoir à faire à une espèce de forcené retranché à l'Elysée", a dit le député des Bouches-du-Rhône sur RTL, appelant la société française à engager un "bras-de-fer" avec le chef de l'Etat malgré la "trêve olympique" décrétée par ce dernier.
"Le président de la République est le garant des institutions (...) Il ne peut pas appliquer des règles à géométrie variable en fonction de ce qui lui plaît et lui déplaît", a-t-il ajouté, rappelant qu'Emmanuel Macron n'avait pas eu d'état d'âme à nommer un gouvernement minoritaire de son propre camp à l'issue des précédentes législatives.
7h50 - "J'approuve la décision du président de la République de faire une trêve pour les Jeux", a déclaré la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, sur France 2.
"Ensuite, il va falloir trouver un gouvernement. Je n'ai pas compris où le président de la République voulait nous emmener", a-t-elle ajouté, alors qu'Emmanuel Macron a estimé que le "pacte législatif" proposé par le parti de Valérie Pécresse, rebaptisé "Droite républicaine", va dans le "bon sens".
"Le problème (du NFP) c'est qu'ils ne sont pas majoritaires. Quand je vois que le NFP s'est soumis à LFI, je dis qu'il ne faut surtout pas qu'ils gouvernent la France", a-t-elle dit.
7h40 - Emmanuel Macron est "un enfant capricieux qui est dans le déni", a estimé le dirigeant communiste Fabien Roussel sur BFMTV/RMC.
"C'est quand même lui qui a organisé des élections, qui a prononcé la dissolution, quelques semaines avant les Jeux olympiques, comment peut-il prétendre qu'il se préoccupe des Français ?", s'est-il-interrogé.
(Rédaction de Paris)