En Arménie, Vance signe un accord de coopération dans le nucléaire civil information fournie par Reuters 09/02/2026 à 18:07
(Actualisé avec rencontre Vance/Pachinian)
par Lucy Papachristou
Le vice-président américain J.D. Vance a signé lundi un accord de coopération dans le secteur du nucléaire civil avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian au premier jour d'une visite en Arménie.
Le vice-président se rend en Arménie puis en Azerbaïdjan afin d'y promouvoir un accord de paix promu par Washington, susceptible de transformer les routes énergétiques et commerciales dans le stratégique Caucase du Sud.
Son déplacement de deux jours en Arménie intervient six mois après la signature à la Maison blanche par les dirigeants arménien et azerbaïdjanais d'un accord perçu comme une première étape vers la paix après près de 40 ans de conflit.
J.D. Vance, premier vice-président américain à se rendre en Arménie, entend faire avancer le projet baptisé "Trump Route for International Peace and Prosperity" (TRIPP), un corridor de 43 kilomètres qui traverserait le sud de l'Arménie et offrirait à l'Azerbaïdjan un accès direct à son exclave du Nakhitchevan, puis à la Turquie, proche alliée de Bakou.
Selon Nikol Pachinian, JD Vance et lui ont conclu lundi un accord visant à développer la coopération dans le secteur du nucléaire civil.
"La visite de J.D. Vance devrait servir à réaffirmer l'engagement des États-Unis à mener à bien la Trump Route", a déclaré Joshua Kucera, analyste principal du Caucase du Sud au sein de l'International Crisis Group.
Le vice-président américain se rendra ensuite en Azerbaïdjan mercredi et jeudi, a précisé la Maison blanche.
Aux termes de l'accord signé l'an dernier, une entité privée américaine, TRIPP Development Company, s'est vu accorder des droits exclusifs pour développer le corridor envisagé, tandis qu'Erevan conserve la pleine souveraineté sur ses frontières, ses douanes, sa fiscalité et sa sécurité.
Cet axe permettrait de mieux relier l'Asie à l'Europe tout en contournant, point crucial pour Washington, la Russie et l'Iran, à un moment où les pays occidentaux cherchent à diversifier leurs routes énergétiques et commerciales afin de réduire leur dépendance à l'égard de la Russie en raison de la guerre en Ukraine.
La Russie a traditionnellement considéré le Caucase du Sud comme faisant partie de sa sphère d'influence, mais son poids dans la région s'est affaibli, Moscou étant accaparé par le conflit en Ukraine.
La sécurisation de l'accès américain à des ressources en minerais critiques devrait également constituer un axe majeur de la visite de JD Vance. Le projet TRIPP pourrait devenir un corridor de transit clé pour l'importante richesse minérale de l'Asie centrale, notamment l'uranium, le cuivre, l'or et les terres rares, à destination des marchés occidentaux.
FRONTIÈRES FERMÉES, RIVAUX HISTORIQUES
À l'époque soviétique, le Caucase du Sud était sillonné de voies ferrées et d'oléoducs, jusqu'à ce qu'une série de guerres à partir des années 1980 perturbe les routes énergétiques et entraîne la fermeture de la frontière entre l'Arménie et la Turquie, principal allié régional de l'Azerbaïdjan.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont été engagés dans un conflit pendant près de quatre décennies, principalement autour de la région montagneuse du Haut-Karabakh, territoire internationalement reconnu comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, mais passé sous le contrôle de forces arméniennes lors de l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.
Les deux pays se sont affrontés lors de deux guerres pour le contrôle du Haut-Karabakh, avant que Bakou ne reprenne la région en 2023. L'ensemble de la population arménienne de souche du territoire, estimée à environ 100.000 personnes, a alors fui vers l'Arménie.
Les deux voisins ont enregistré des avancées ces derniers mois en vue de la normalisation de leurs relations, notamment avec la reprise de certains flux énergétiques.
Mais d'importants obstacles subsistent à l'établissement d'une paix pleine et durable, parmi lesquels la demande de l'Azerbaïdjan que l'Arménie modifie sa Constitution afin de supprimer ce que Bakou considère comme des revendications implicites sur le territoire azerbaïdjanais.
(Rédigé par Lucy Papachristou ; version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)