En 2025, les droits de douane n'ont pas réduit le déficit commercial américain
information fournie par Boursorama avec AFP 19/02/2026 à 17:17

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 18 février 2026. ( AFP / SAUL LOEB )

Malgré la mise en place des droits de douane durant l'année, avec la volonté explicite du président Donald Trump de réduire le déficit commercial américain, celui-ci a atteint un nouveau record en 2025.

Selon les données publiées jeudi par le département du Commerce, le déficit commercial des biens s'est encore creusé, pour atteindre un niveau record de 1.241 milliards de dollars, une hausse à peine compensée par une amélioration de l'excédent commercial du côté des services.

En cause, une hausse plus importante des importations que des exportations sur l'ensemble de l'année, alors même que les droits de douane visaient précisément à rendre les produits étrangers moins attractifs sur le marché américain.

Mais leur mise en place chaotique et les achats de précaution réalisés par les entreprises à différents moments de l'année pour augmenter leurs stocks en prévision de l'ajout de nouvelles surtaxes douanières a en partie pesé sur les échanges.

Avant même son retour à la Maison Blanche, Donald Trump n'avait pas caché sa volonté de faire des droits de douane une pierre angulaire de sa politique économique, avec pour objectif affirmé de rééquilibrer les échanges commerciaux avec les principaux partenaires, visant en particulier, outre la Chine, des pays comme le Canada et le Mexique, ainsi que l'Union européenne (UE).

"Les échanges commerciaux ont connu une année 2025 agitée, en particulier concernant les importations", a pointé dans une note l'économiste de Nationwide, Oren Klachkin, "mais malgré tout le bruit sur les droits de douane et les fortes variations des données mensuelles, le déficit n'a pas changé de trajectoire en 2025".

Les importations de biens en 2025 ont en effet continué à progresser pour atteindre 3.438 milliards de dollars, portées notamment par une hausse marquée équipements numériques et des pièces métalliques pour l'industrie.

Les exportations ont également progressé, moins cependant, et se sont établies à 2.197 milliards de dollars pour les biens, grâce à l'industrie aéronautique, le secteur énergétique et les produits pharmaceutiques.

Elles profitent notamment de "la dépréciation du dollar qui (les) soutient à court terme en rendant les produits américains relativement moins chers sur les marchés étrangers", ont pointé dans une note les économistes d'Oxford Economics.

- Moins de produits chinois -

S'ils n'ont pas véritablement pesé sur la balance commerciale, les droits de douane ont en revanche provoqué une évolution des circuits d'approvisionnement des Etats-Unis.

Ainsi, le déficit commercial pour les biens avec la Chine a fortement reculé, passant de 295 milliards de dollars en 2024 à 202 milliards en 2025 (-30%), pour revenir à un niveau équivalent à celui observé en 2005.

Mais dans le même temps, celui avec deux autres pays asiatiques, le Vietnam et Taïwan, a fortement augmenté, de 44% pour le pays d'Asie du sud-est et même multiplié par deux dans le cas des échanges avec Taïwan.

Bien que moins élevé, le déficit commercial avec l'Inde a également progressé de 27% malgré les droits de douane supplémentaires imposés en représailles à l'achat de pétrole russe sous sanction par les entreprises indiennes.

Le déficit avec le Canada est ainsi en baisse alors que celui avec le Mexique, trois fois plus important, continue de se creuser.

Les deux voisins des Etats-Unis - premiers visés par les surtaxes douanières de Trump - dépendent très largement de Washington pour leurs exportations.

Quant aux échanges avec l'Union européenne (UE), également dans le collimateur de Donald Trump ces derniers mois, avant la signature d'un accord limitant à 15% les droits de douane appliqués, le déficit commercial pour les biens s'est légèrement amélioré, passant de 237 milliards en 2024 à 219 milliards en 2025.

Mais là encore l'impact varie: le déficit s'est ainsi amélioré vis-à-vis de l'Allemagne et de l'Italie, alors qu'il s'est creusé dans les échanges avec la France et l'Irlande.