Elisabeth Borne candidate à la présidence du parti "macroniste" Renaissance information fournie par Reuters 22/08/2024 à 09:00
L'ancienne Première ministre française Elisabeth Borne annonce ce jeudi dans Le Parisien qu'elle est candidate à la direction du parti présidentiel Renaissance en remplacement de Stéphane Séjourné, actuel ministre des Affaires étrangères démissionnaire.
La députée de 63 ans se pose en rassembleuse pour briguer un poste que pourrait également convoiter celui qui l'a remplacée en janvier dernier à Matignon, Gabriel Attal.
"Le parti n'a pas vocation à être une écurie présidentielle. Il doit d'abord se concentrer sur la réflexion de fond et la mobilisation militante", déclare celle qui a été réélue dans le Calvados lors des législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet derniers.
Après ce scrutin, Gabriel Attal a pris la tête du groupe Ensemble pour la République au Palais-Bourbon au sein d'une Assemblée plus divisée que jamais, où aucun parti ni aucune coalition n'a la majorité absolue.
"Avec cette Assemblée, personne ne va appliquer son programme", dit Elisabeth Borne dans Le Parisien.
"Cette instabilité politique redonne un rôle différent aux partis politiques : on a besoin qu'ils redonnent de l'espoir aux Français, qu'ils élaborent une vision, un projet pour le pays. Je veux mettre mon expérience au service de ce travail, avec humilité et beaucoup de collégialité", ajoute-t-elle.
Interrogée sur les ambitions de Gabriel Attal au sein de Renaissance, Elisabeth Borne répond : "Traditionnellement, il n'est pas d'usage d'être président de groupe en même temps que l'on dirige le parti."
La ministre démissionnaire et députée des Yvelines Aurore Bergé a salué la candidature de celle qui a dirigé le gouvernement pendant 18 mois.
"Elle aura tout mon soutien", a-t-elle dit sur France Inter. "On a besoin de cet esprit collectif, de cet esprit de rassemblement".
"PAS BESOIN D'UNE GUÉGUERRE INTERNE"
L'ancien ministre Clément Beaune a lui aussi apporté son soutien à Elisabeth Borne, une "femme d'expérience" adepte du "collectif".
"Une ancienne Première ministre, une femme élue d'une circonscription rurale, qui a gagné face au Rassemblement national dans le Calvados, je pense que c'est un atout pour notre famille politique", a-t-il dit sur TF1. "C'est une bosseuse, et il y a besoin de bosser."
"On n'a pas besoin d'une guéguerre interne", a-t-il ajouté à propos des ambitions de Gabriel Attal dans le parti.
La dissolution de l'Assemblée décidée par Emmanuel Macron a bousculé le camp présidentiel et plongé dans l'incertitude un pays où la nomination d'un nouveau gouvernement se fait toujours attendre.
Le chef de l'Etat entame vendredi à l'Elysée une série de consultations des partis et groupes politiques du Parlement pour préparer la suite.
Baptisé En Marche, puis La République en marche et enfin Renaissance, le parti présidentiel doit se retrouver en Congrès avant le 30 novembre afin de désigner les 150 membres du Conseil national qui éliront le secrétaire général du parti.
Christophe Castaner a occupé ce poste, puis Stanislas Guerini et Stéphane Séjourné.
(Elizabeth Pineau, édité par Tangi Salaün)