Elections locales au Royaume-Uni, Starmer et les travaillistes menacés information fournie par Reuters 07/05/2026 à 09:13
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, au plus bas dans les sondages et fragilisé par "l'affaire" Mandelson, est confronté jeudi à un premier test électoral périlleux à l'occasion de scrutins locaux au Royaume-Uni où son parti, le Labour, devrait plier sous les assauts de Reform UK et des Verts.
Les électeurs sont appelés à renouveler quelque 5.000 sièges dans les 136 conseils locaux d'Angleterre (qui représentent au total quelque 16.000 sièges), ainsi que les Parlements d'Ecosse et du Pays de Galles. Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00, heure locale, et fermeront à 22h00.
Les instituts de sondage placent en tête le parti nationaliste Reform UK de Nigel Farage, l'ancien chef de file des "Brexiters", et les Verts, désormais nettement à gauche depuis l'arrivée de Zack Polanski à leur tête en septembre dernier.
Le Parti travailliste de Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024, et le Parti conservateur, les deux piliers de la vie politique britannique, sont de fait menacés dans la perspective des élections législatives prévues au plus tard en 2029.
Essentiellement nourri par sa popularité en Angleterre depuis le Brexit, Reform UK, créé en 2018, semble désormais aussi séduire largement en Ecosse et au Pays de Galles, au point qu'il devrait passer du statut de force anecdotique à celui de principal opposant aussi bien au Scottish National Party (SNP), dans le premier cas, qu'au Plaid Cymru, dans le second, après le scrutin de jeudi.
Les instituts de sondage prédisent qu'il recueillera environ 20% des suffrages en Ecosse, contre 0,2% lors du précédent scrutin, et quasiment 30% au Pays de Galles, contre environ 1%.
Le Labour, qui a mis en garde contre "la division" et "la colère", devrait subir une hémorragie de voix et le Parti conservateur être réduit à une poignée d'élus.
En Angleterre, où le sort de 2.550 conseillers travaillistes est en jeu, les analystes s'attendent également à une saignée - autour de 1.850 sièges perdus pour le Labour. Les Tories de Kemi Badenoch pourraient perdre quant à eux plusieurs centaines de sièges.
Reform UK entend renforcer son implantation dans les circonscriptions ouvrières du pays, tandis que les Verts briguent l'agglomération londonienne.
(Rédigé par Bertrand Boucey et Sophie Louet)