Elections législatives en Afrique du Sud, l'ANC pourrait perdre sa majorité
information fournie par Reuters 29/05/2024 à 01:43

par Alexander Winning

Les Sud-Africains sont appelés aux urnes mercredi pour ce qui constitue l'un des scrutins les plus disputés depuis la fin de l'apartheid, les enquêtes d'opinion laissant à penser que le Congrès national africain (ANC) va perdre la majorité parlementaire après trois décennies au pouvoir.

L'ANC, qui avait alors Nelson Mandela comme chef de file, a accédé au pouvoir en 1994 à l'issue des premières élections multiraciales dans le pays. Depuis, il a remporté la majorité lors de tous les scrutins, même si ses résultats ont graduellement décliné au fil des années.

S'il bascule cette fois sous le seuil de 50% des suffrages, l'ANC devra sceller un accord pour gouverner, avec une ou plusieurs petites formations politiques, une configuration inhabituelle et potentiellement dangereuse pour une démocratie encore jeune dominée jusqu'à présent par un seul parti.

Reste que l'ANC pourrait à nouveau finir en tête du scrutin, ce qui devrait permettre à son chef de file, Cyril Ramaphosa, de se maintenir à la présidence, à moins que des voix ne s'élèvent en interne pour le remplacer en cas de score de l'ANC inférieur aux attentes.

Le déclin de l'ANC auprès des électeurs est dû au mécontentement à l'égard du taux de chômage élevé, de l'insécurité, des coupures fréquentes de courant et de la corruption dans les rangs du parti présidentiel.

Plus de 27 millions de Sud-Africains sont inscrits sur les listes électorales. Les bureaux de vote ouvriront à 05h00 GMT et fermeront à 19h00 GMT.

Ils sont appelés à désigner les assemblées régionales des neuf provinces du pays, avant que le nouveau Parlement national nomme ensuite le chef de l'Etat.

Parmi les partis d'opposition figurent l'Alliance démocratique, formation centriste et libérale ayant terminé deuxième du scrutin de 2019 et qui a scellé des accords avec plusieurs petits partis dans l'espoir d'élargir sa base électorale.

L'ancien président Jacob Zuma, contraint à la démission en 2018 à la suite d'une série de scandales et déclaré depuis inéligible pour cette élection, a apporté son soutien à un nouveau parti, uMkhonto we Sizwe (MK), du nom de l'ancienne branche armée de l'ANC. Il dispose toujours d'une grande influence.

La commission électorale devrait communiquer de premiers résultats quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Elle dispose de sept jours pour annoncer les résultats définitifs.

(Alexander Winning; version française Jean Terzian)