(Actualisé avec détails)
LIBREVILLE, 26 août (Reuters) -
Le gouvernement gabonais a bloqué samedi l'accès à internet
et instauré un couvre-feu dans le pays après les élections
législatives et présidentielle, dont le chef de l'Etat sortant
Ali Bongo fait figure de grand favori.
Le président gabonais, âgé de 64 ans et au pouvoir depuis 14
ans, brigue un troisième mandat et continue de marcher dans les
pas de son père, Omar, qui a dirigé le pays pendant 42 ans.
Dans l'espoir de mettre fin au règne de la famille Bongo,
six partis d'opposition se sont entendus pour soutenir un
candidat commun, Albert Ondo Ossa, un professeur d'économie de
69 ans.
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes avec plusieurs
heures de retard dans certaines circonscriptions. Le nombre de
bureaux de vote affectés n'était pas immédiatement connu et on
ne savait pas si tous les électeurs avaient pu participer au
scrutin.
La commission électorale n'a pas immédiatement répondu à
une demande de commentaire.
La date à laquelle les résultats doivent tomber n'est pas
arrêtée, mais le candidat commun de l'opposition, Albert Ondo
Ossa, et son alliance ont déjà remis en question samedi la
légitimité du scrutin.
Le gouvernement gabonais a coupé l'accès à internet
jusqu'à nouvel ordre en raison des risques de désinformation et
imposé un couvre-feu à partir de dimanche "afin de prévenir tout
écart de conduite et de préserver la sécurité de l'ensemble de
la population", selon une déclaration lue à la télévision
gabonaise samedi soir.
ALLÉGATIONS DE FRAUDE
Ce scrutin a valeur de test pour Ali Bongo, à qui
l'opposition reproche de ne plus être en état de diriger après
un AVC en 2018 et de ne pas avoir suffisamment redistribué la
manne pétrolière, alors qu'un tiers des 2,3 millions de Gabonais
vivent dans la pauvreté.
Ali Bongo a promis, lors de sa campagne, de créer
davantage d'emplois, de stimuler les programmes de micro-crédits
et de réduire les frais de scolarité dans les écoles publiques.
"Nous votons et nous allons gagner!", a promis le chef de
l'Etat sortant sur les réseaux sociaux.
Bien que la campagne se soit déroulée dans le calme, les
craintes de voir la période post-électorale entachée de troubles
sont vives, alors que le résultat des deux précédents scrutins
présidentiels avait été contesté dans la rue.
L'opposition avait alors accusé Ali Bongo d'avoir
remporté les élections de manière frauduleuse.
Dans des messages diffusés en ligne, l'alliance
d'opposition, Alternance 2023, et le porte-parole d'Ali Bongo
ont déclaré que certains bureaux de vote n'avaient pas reçu de
bulletins de vote pour leurs candidats respectifs. Reuters n'a
pas été en mesure de vérifier ces affirmations de manière
indépendante.
L'équipe d'Ali Bongo a rejeté les allégations de fraude.
(Reportage de Gerauds Wilfried Obangome, avec la contribution
d'Alessandra Prentice, version française Tangi Salaün et Camille
Raynaud)