Ebola: un premier cas identifié en France, un médecin revenu de RDC
information fournie par AFP 24/06/2026 à 16:44

Pour la première fois, un cas d'Ebola a été diagnostiqué en France, chez un médecin revenant de République démocratique du Congo, actuellement frappée par une importante épidémie, mais le patient était déjà isolé depuis son retour et les autorités sanitaires se veulent rassurantes ( AFP / Charly TRIBALLEAU )

Pour la première fois, un cas d'Ebola a été diagnostiqué en France, chez un médecin revenant de République démocratique du Congo, actuellement frappée par une importante épidémie. Les autorités sanitaires se veulent rassurantes, tout en recensant mercredi les cas contacts.

Les personnes ayant été contact avec ce patient, arrivé mardi à Paris à bord d'un vol en provenance de Kinshasa, sont "en cours d'identification", a indiqué le ministère français de la Santé, qui a précisé dans un communiqué qu'elles devront effectuer un "isolement à domicile de 21 jours".

La France est, dans le cadre de l'épidémie touchant la RDC, le premier pays hors d'Afrique à confirmer un cas diagnostiqué sur son territoire. De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont été finalement exclus ou non confirmés. Une situation que le chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a dit suivre de "très près".

"Le patient, de retour d'une des zones de circulation du virus en RDC, a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable", selon le ministère de la Santé.

Faible charge virale

Ce médecin travaillant pour l'ONG humanitaire Alima, avait embarqué sans symptômes, à part des maux de tête, mais son état s'est "légèrement" dégradé lors du trajet, selon cette source, qui assure qu'il a "respecté totalement les consignes sanitaires, isolé selon les procédures dès son arrivée à l’aéroport puis transporté à l’hôpital à l’isolement chambre double flux".

"Sa charge virale est très faible", selon le ministère.

Le patient diagnostiqué positif en France a voyagé sur un vol d'Air France, qui a annoncé avoir fourni la liste des passagers aux autorités sanitaires. "Le contact avec ces passagers est assuré par les autorités sanitaires", selon la compagnie.

La RDC est actuellement frappée par une importante épidémie de cette maladie qui se traduit par une fièvre hémorragique très souvent meurtrière.

Selon les derniers chiffres officiels, 1.048 cas ont été recensés dont 267 décès, soit un taux de létalité d'environ 25%. Mais nombre d'experts jugent probable que l'ampleur soit sous-estimée, l'épidémie frappant des régions très reculées.

L'épidémie, qui touche dans une moindre mesure l'Ouganda, met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique.

Lors d'une précédente épidémie majeure, qui avait frappé au milieu des années 2010 l'Afrique de l'Ouest, deux cas avaient été présents sur le territoire français, mais seulement après avoir été diagnostiqués à l'étranger. En revanche, plusieurs cas avaient alors été diagnostiqués sur les sols américain et britannique, chez des patients de retour des pays concernés par l'épidémie. Ces précédents restent néanmoins rassurants, n'ayant donné lieu à aucune propagation durable.

Les experts en santé publique estiment en effet que le risque de transmission de l'épidémie reste faible à travers le monde, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola.

Le cas en France "rappelle les risques auxquels sont exposés les intervenants de première ligne", a déclaré le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, ajoutant que le risque reste "faible" au niveau mondial comme français.

"Le risque pour la population en général en France est faible, nous savons que l'isolement du patient, ainsi que le traçage et le suivi de ses contacts constituent un moyen éprouvé et efficace de limiter la propagation du virus", a renchéri le professeur Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’École de médecine tropicale de Liverpool, cité par le Science media center britannique.

"Comprendre la contamination"

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a également jugé le risque d'infection "très faible pour la population générale européenne", rappelle le ministère français de la Santé.

De son côté, l'ONG Alima a dit chercher à "comprendre comment la contamination a pu avoir lieu" alors que les travailleurs humanitaires sont normalement enjoints à une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec des cas infectés.

"Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes", assure Alima dans un communiqué.

Sur place, l'épidémie actuelle d'Ebola, la 17e à frapper la RDC, est considérée comme particulièrement préoccupante, face à de nombreux facteurs qui freinent la lutte contre cette flambée.

L'OMS, qui en a fait une urgence de santé publique, avait indiqué mi-juin que la transmission de l'épidémie s'accélérait en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire.

L'absence de vaccin, la présence de nombreuses zones de guerre, ainsi que la lenteur des autorités sanitaires à initialement repérer le virus, sont autant de facteurs qui rendent l'épidémie particulièrement difficile à contrôler.