Ebola: plus de 10.000 cas recensés en Afrique, la RDC toujours à l'épicentre information fournie par AFP 27/10/2026 à 18:49
Plus de 10.000 malades d'Ebola ont été recensés en Afrique, la grande majorité en RDC, immense pays d'Afrique centrale à l'épicentre d'une épidémie, qui s'est propagée dans plusieurs autres régions du continent, avec des cas actuellement signalés au Kenya et jusqu'en Afrique de l'Ouest au Nigeria.
La flambée épidémique actuelle a été officiellement déclarée par la République démocratique du Congo (RDC) il y a près de six mois, le 15 mai. Détecté tardivement, le virus avait refait surface dans le pays de plus de 100 millions d'habitants depuis déjà plusieurs mois auparavant, s'accordent aujourd'hui à dire les spécialistes.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a déjà fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. La pire épidémie enregistrée par le passé en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
A ce stade, 10.060 personnes ont été contaminées en RDC et 4.887 sont décédées, selon les derniers chiffres de l'Institut national de santé publique congolais (INSP) mardi. Quelque 2.684 guérisons ont été signalées mais le taux de létalité est proche des 50%.
Partie de la province de l'Ituri (nord-est), la 17e épidémie de l'histoire de la RDC s'est étendue à huit provinces congolaises, notamment L'Ituri et le Nord-Kivu (est), qui concentrent la majorité des cas recensés.
Au cours des derniers mois, le virus a plusieurs fois traversé les frontières. En Ouganda voisin, vingt cas dont deux décès ont été signalés avant que l'épidémie ne soit déclarée éradiquée du territoire en août.
En octobre, neuf cas dont deux décès ont été recensés au Kenya.
"Pas au niveau"
La semaine dernière, un cas d'Ebola a été signalé au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique. La malade, une Suissesse de 42 ans et épouse d'un employé de l'ambassade suisse à Abuja, avait voyagé en Ouganda avec son mari avant de rentrer au Nigeria.
Elle a été évacuée lundi par avion sanitaire vers la Suisse, où elle est désormais prise en charge dans un hôpital genevois. Cinquante-trois cas contacts ont été identifiés par les autorités sanitaires nigérianes.
L'Africa CDC tente toujours de tracer comment la patiente est entrée en contact avec le virus, a indiqué son chef à l'AFP.
"Nous avons constaté que le séquençage génomique du cas kényan est similaire à celui du cas nigérian. Et (...) en lien avec certains cas à Beni", dans la province congolaise du Nord-Kivu, a pointé Jean Kaseya à l'AFP, évoquant une mutation du virus, tout en assurant que cette dernière ne semble pas le rendre plus mortel.
La théorie - évoquée par l'Africa CDC la semaine dernière - selon laquelle les premiers cas au Kenya et au Nigeria auraient pû se croiser dans un aéroport ougandais début octobre semble désormais peu probable, a-t-il indiqué.
La patiente aurait pu être contaminée "n'importe où", a estimé M. Kaseya. La propagation du virus a cependant montré que les contrôles aux frontières "n’étaient pas au niveau auquel nous nous attendions", a-t-il concédé.
"Complexe"
La semaine dernière, l'OMS a prévenu que l'Afrique faisait face à une épidémie d'Ebola "plus complexe" depuis que le virus a été détecté dans l'ouest du continent, alors qu'il est également présent à l'est et dans le centre.
La réponse internationale a été "retardée, et aujourd'hui nous le payons (...) il s'agit d'une flambée qui touche trois régions. Nous n'avions jamais vu cela", a déclaré M. Kaseya.
En RDC, la riposte sanitaire manque encore de moyens dans les régions reculées infectées, où la présence de groupes armés complique les déplacements. Les soignants et travailleurs humanitaires se heurtent aussi à la défiance de populations locales à l'origine de plusieurs incidents au cours des derniers mois.
Samedi, un infirmier a été tué et un agent de santé grièvement blessé dans la province de la Tshopo (nord-est), selon l'OMS. Le centre de traitement Ebola où s'est produit l'incident a été fermé dans la foulée, a indiqué à l'AFP le docteur Marcel Likolo, médecin chef de zone de santé de Bafwasende.
Selon lui, des jeunes de la zone ont accusé les victimes d'avoir tenté de contaminer les populations avec des comprimés contenant le virus avant de les attaquer.
L'épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo du virus à maladie Ebola, contre laquelle il n'existe aucun vaccin ni traitement homologués à ce jour.
Des premières doses du vaccin Ervebo, dont l'efficacité est prouvée sur la souche Zaïre - la plus fréquemment rencontrée lors des précédentes épidémies -, ont été administrées ces dernières semaines en RDC à des volontaires dans le cadre d'un essai clinique.