Ebola-Le virus se propage de "de façon exponentielle en RDC, le nombre de morts dépasse les 2.500 - Onu information fournie par Reuters 21/08/2026 à 17:43
L'épidémie d'Ebola a déjà fait plus de 2.500 morts en République démocratique du Congo (RDC) et progresse "de façon exponentielle", couvrant désormais une superficie supérieure à celle de la France, a déclaré vendredi Julien Harneis, coordinateur principal de l'Onu pour la lutte contre Ebola.
S'exprimant lors d'une visioconférence depuis Bunia, dans le nord-est du pays, il a plaidé pour davantage d’aide, avertissant que les fonds disponibles pourraient s’épuiser dans les prochaines semaines.
Julien Harneis a ajouté que les professionnels de santé étaient pris pour cible par des habitants en colère, terrifiés par l'épidémie, et qu'ils tombaient eux-mêmes malades et mouraient du virus.
La 17e épidémie d'Ebola en est devenue, fin juillet, la plus importante de l’histoire du pays en termes de nombre de cas, dépassant la précédente épidémie la plus grave, survenue entre 2018 et 2020. Elle est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé.
"L'épidémie d'Ebola progresse de manière exponentielle", a déclaré Julien Harneis.
"L’épidémie couvre désormais une superficie supérieure à celle de la France. Sa propagation dépasse la rapidité de notre réponse. Et tout cela se déroule dans une région qui a connu trois décennies de conflit et qui génère d'immenses besoins humanitaires."
"LA PEUR SE TRADUIT PAR LA COLÈRE"
Quelque 160 professionnels de santé ont contracté le virus Ebola, et 43 d’entre eux sont décédés, a-t-il précisé.
"De plus, lorsque nous intervenons, outre la menace du virus, les agents de santé et les intervenants de première ligne sont attaqués par des jeunes, des ambulances sont incendiées et caillassées, et les structures de santé sont prises pour cibles", a-t-il déclaré.
"La peur se traduit par la colère de jeunes hommes qui se mettent à jeter des pierres sur l'objet de leur crainte, l'ambulance", a-t-il ajouté.
D’autres travailleurs humanitaires ont indiqué que les habitants croyaient à des théories du complot selon lesquelles l’épidémie serait un canular, et qu’ils réagissaient avec colère lorsque les restrictions sanitaires les empêchaient d’enterrer eux-mêmes leurs proches.
On a dénombré plus de 260 attaques contre des professionnels de santé au cours des six derniers mois et huit d’entre eux ont été tués, a indiqué Julien Harneis, "ce qui est évidemment terrifiant, car ces personnes risquent déjà leur vie pour lutter contre Ebola".
Les coupes budgétaires subies ces dernières années ont réduit les capacités des organisations humanitaires, a-t-il déclaré.
Un autre problème réside dans la rémunération des dizaines de milliers de personnes mobilisées pour lutter contre l’épidémie, a-t-il ajouté. Les services bancaires ont été perturbés par la suspension des vols commerciaux, compliquant l’acheminement des liquidités.
(Reportage Matthias Williams, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)