Ebola-Des centaines de manifestants au Kenya contre le projet de centre US de quarantaine information fournie par Reuters 01/06/2026 à 19:03
Des centaines de manifestants se sont rassemblés lundi à Nanyuki, dans le centre du Kenya, pour protester contre le projet des Etats-Unis d'instaurer un centre de quarantaine pour les personnes potentiellement infectées par le virus Ebola, ont déclaré à Reuters des habitants.
La Haute Cour du Kenya a ordonné la semaine dernière la suspension du projet américain, arguant que le site, prévu sur la base aérienne de Nanyuki, pourrait mettre en danger la sécurité publique.
Des responsables américains ont rapporté que le site pouvant contenir 50 lits serait destiné à accueillir des ressortissants américains exposés au virus mais asymptomatiques.
Le gouvernement du Kenya a également confirmé le projet, le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, affirmant samedi que cette initiative s'inscrivait dans le cadre d'un effort plus large visant à renforcer les systèmes d'intervention d'urgence.
Selon des responsables américains, le site devait initialement être opérationnel vendredi dernier. Des avions militaires ont décollé et atterri à Nanyuki en fin de semaine dernière, ce qui, selon des diplomates et des experts, semblait s'inscrire dans le cadre des préparatifs américains en cours pour la mise en place de l'unité de quarantaine, malgré l'ordonnance du tribunal.
La présence policière et militaire était croissante samedi sur les routes menant au site, ont rapporté des journalistes de Reuters.
Selon une vidéo consultée par Reuters, une centaine de personnes se tenaient lundi à environ 4 km du lieu où le projet devait s'installer, usant de sifflets, certains se tenant sur un pickup. De la fumée était visible sur le bord de la route.
Des chaînes de télévision locale ont diffusé des images de personnes situées à l'extérieur de la base aérienne près d'un char et d'une poignée de soldats.
Patrick Wahome, un des organisateurs de la manifestation, a déclaré à Reuters qu'ils demandaient la fermeture définitive du site avant le mardi 9 juin.
"Nanyuki est une petite ville. Le personnel militaire qui opère sur la base vit avec nous. Nos enfants vont à la même école et cela signifie que si quelqu'un est infecté, nous serons tous infectés", assure-t-il.
"Nous manifestons pour nos vies."
Patrick Maina, propriétaire d'un café, dit avoir été forcé de fermer son établissement.
"Nous n'avons pas ouvert de la matinée et ça risque d'empirer demain."
Un avion militaire américain de transport C-130 a atterri vendredi à Nanyuki, selon les données de suivi de Flightradar24.
(Reportage de David Lewis, Noor Ali, George Obulutsa, Aaron McNicholas et Edwin Okoth; Zhifan Liu pour la version française, édité par Sophie Louet)