EasyJet rejette trois propositions de rachat, dont une à près de 5 milliards de livres information fournie par Boursorama avec AFP 22/06/2026 à 14:32
EasyJet a rejeté au cours des dix derniers jours trois propositions de rachat, a annoncé lundi la société d'investissement américaine Castlelake, candidate à la reprise de la compagnie aérienne, dont la dernière proposition valorise le groupe britannique à presque 5 milliards de livres (5,7 milliards d'euros).
La troisième de ces propositions "indicatives non contraignantes" de Castlelake est datée du 20 juin et a été formulée "à un prix de 625 pence par action", a précisé dans un communiqué la société américaine.
Cette dernière explique qu'elle a décidé de rendre cette offre publique "à la suite du rejet des trois propositions par le conseil d'administration d'EasyJet", afin de permettre aux actionnaires de la compagnie aérienne "d'en examiner les mérites".
Le cours de l'action EasyJet s'était envolé de plus de 10% sur une séance au début du mois, après que la société d'investissement américaine avait annoncé qu'elle envisageait un rachat.
Castlelake doit signaler son intention ferme de faire une offre ou de renoncer au plus tard le 26 juin.
L'enthousiasme du marché est nettement plus modéré lundi: le titre d'EasyJet progressait de 2,38%, à 516 pence, dans la matinée à la Bourse de Londres.
La dernière proposition de Castlelake "est hautement opportuniste, formulée dans le contexte d'un cours de l'action EasyJet temporairement déprimé" et elle "continue de sous-évaluer fondamentalement" l'entreprise et ses perspectives, a réagi la compagnie aérienne lundi dans un communiqué.
Début juin, le transporteur britannique avait souligné que le cours de son action était pénalisé par la situation au Moyen-Orient à cause de "son impact sur la confiance des clients et sur les prix du kérosène".
EasyJet avait publié en mai une perte alourdie sur un an au premier semestre de son exercice décalé, pointant déjà les conséquences du conflit, et avait prévenu que le second semestre serait lui aussi affecté.
Mais face aux informations selon lesquelles "la demande de vacances a flambé ces dernières semaines dans la perspective d'une fin prochaine du conflit au Moyen-Orient", les actionnaires d'EasyJet "pourraient estimer que l'entreprise est en mesure de se remettre rapidement des récentes turbulences", selon Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.
Castlelake affirme pourtant lundi que sa troisième offre "se compare favorablement à la valeur actuelle" du cours de l'action EasyJet, "même en supposant que la compagnie atteigne son objectif ambitieux de générer plus de 1 milliard de livres de bénéfice avant impôts à moyen terme".
La société américaine dit aussi vouloir proposer une "participation partielle au capital, afin de permettre aux actionnaires d'EasyJet de rester investis" dans la compagnie après le rachat, "en partenariat avec Castlelake", mais précise qu'il n'est à ce stade "nullement certain qu'une offre ferme sera faite".
Fondé en 2005, Castlelake gère environ 38 milliards de dollars d'actifs, notamment dans le secteur aéronautique. Il avait acquis en 2023 environ 32% de la compagnie scandinave SAS. Cette participation est en cours de rachat par Air France-KLM.