Du 17 octobre au 1er-Mai, les dates de la présidentielle contestées information fournie par AFP 27/10/2026 à 14:28
Modifier les dates de l'élection présidentielle de 2027 au vu du contexte sécuritaire ? Le candidat Les Républicains Bruno Retailleau et le Rassemblement national ont à nouveau demandé au gouvernement de ne pas tenir le second tour au lendemain des manifestations souvent très politiques du 1er-Mai.
"Une date de bordélisation". Bruno Retailleau a repris après les violences du 17 octobre le flambeau allumé début juillet à l'annonce des dates officielles de l'élection suprême.
"L'expression de la démocratie mérite du calme, mérite de la sérénité", a-t-il insisté, inquiet d'"exactions" à la veille du scrutin. Et il a refusé d'y voir un "hasard", accusant le président Emmanuel Macron de vouloir privilégier ainsi la gauche.
Les dates des dimanches 18 avril et 2 mai pour la présidentielle avaient été "entérinées" le 1er juillet par l'exécutif en conseil des ministres.
"La neutralité et la sérénité qui doivent prévaloir avant le vote du dimanche seront nécessairement rompues par la tenue partout en France de manifestations du 1er-Mai, dont on sait qu'elles sont l'apanage de la CGT et de toutes les organisations syndicales et militantes de gauche", a également protesté dimanche Louis Aliot, le maire RN de Perpignan, proche de la candidate Marine Le Pen.
En vertu de la Constitution, le scrutin doit se tenir de 20 à 35 jours avant la fin du quinquennat actuel, Emmanuel Macron ayant commencé sa seconde présidence le 14 mai 2022.
Deux options étaient donc possibles: les 11 et 25 avril ou les 18 avril et 2 mai.
Aucune solution n'est idéale car les vacances scolaires de printemps s'étalent, selon les zones, du 3 avril au 2 mai.
L'option retenue permet de placer le tour décisif, entre les deux candidats finalistes, un dimanche où deux zones sur trois ne seront plus en congés et où "la troisième reviendra de vacances", avait alors justifié un proche d'Emmanuel Macron.
Il avait laissé entendre que le choix s'était porté sur la date permettant d'"espérer le plus de participation".
Encore plusieurs semaines
Mais dans le contexte actuel de colère sociale, où les manifestations s'enchaînent depuis plusieurs semaines, entraînant la mobilisation massive de forces de l'ordre, le sujet est revenu sur la table.
Car au-delà des traditionnels défilés du 1er-Mai, le code électoral prévoit une pause de campagne à partir du vendredi précédant le vote à minuit. Toute propagande officielle, toute réunion électorale, toute distribution de tracts, toute publication de sondage ou entretien de candidat dans les médias est strictement interdite.
De là à prédire une veille de second tour explosive, ou au minimum complexe pour le maintien de l'ordre ?
Pendant la réunion des partis avec le Premier ministre jeudi dernier à Matignon, "nous avons été plusieurs à (...) dire que la date du 2 mai n'était pas celle que nous avions exprimée" lors de concertations préalables, assure un participant.
"A partir du moment où une partie de la classe politique considère que ça peut pourrir le deuxième tour, peut-être pourrait-on l'écouter", s'interroge aussi une parlementaire du bloc central.
Un problème balayé dans l'immédiat par un proche du chef de l'État, qui assure que le sujet n'a pas été évoqué par Emmanuel Macron. "Le problème du 17 octobre était lié au manque d'anticipation, le 1er-Mai, la mobilisation sera forcément anticipée", assure-t-il à l'AFP.
Reste que le gouvernement dispose encore de plusieurs semaines pour décider.
La loi prévoit en effet que le "décret de convocation" des électeurs soit publié au plus tard 10 semaines avant la date du scrutin. Soit le 31 janvier, s'il décidait de privilégier finalement les 11 et 25 avril.