Droits de douane, voitures électriques...: Carney annonce des accords et un nouveau partenariat avec Pékin information fournie par AFP 16/01/2026 à 13:37
Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé vendredi à Pékin des accords avec la Chine sur les droits de douane réciproques et sur l'importation de véhicules électriques, au cours d'une visite saluée comme le début d'un nouveau partenariat après des années de brouille.
"Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane", a dit M. Carney lors d'un point presse en marge de sa visite, la première d'un chef de gouvernement canadien depuis huit ans.
M. Carney a aussi annoncé que son pays autoriserait l'entrée au Canada de 49.000 véhicules électriques fabriqués en Chine, à des droits de douane préférentiels de 6,1%, soit un retour au niveau de 2023 antérieur aux mesures de rétorsion mutuelles selon lui.
Lors de leur rencontre plus tôt dans la journée, le président chinois Xi Jinping a aussi pris l'engagement de dispenser de visa les Canadiens venant en Chine, a déclaré M. Carney, disposition s'appliquant apparemment aux touristes.
Ces annonces concrétisent ce que M. Carney et M. Xi, au début de leurs entretiens, ont présenté comme l'avènement d'un nouveau partenariat, après des années de fâcherie entre leurs pays soumis aujourd'hui aux pressions américaines.
"Je suis extrêmement heureux que nous allions de l'avant avec notre nouveau partenariat stratégique", a dit Mark Carney.
Son hôte au Palais du peuple a parlé de "nouveau chapitre" ouvert en octobre lors de leur rencontre en marge d'un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud.
- "Investissements considérables" -
Ces discussions ont ouvert la voie au réchauffement matérialisé cette semaine. M. Xi avait alors invité M. Carney en Chine.
Depuis, les échanges pour "restaurer et relancer la coopération dans différents domaines (...) ont produit des résultats positifs", a déclaré vendredi M. Xi. "J'en suis heureux", a-t-il dit.
M. Carney est arrivé mercredi en Chine avec pour objectif de tourner la page de relations dégradées et de stimuler les échanges commerciaux.
Les rapports sino-canadiens se sont fortement détériorés en 2018 avec l'arrestation par les autorités canadiennes d'une responsable du géant chinois Huawei à la demande des Etats-Unis, suivie de l'emprisonnement de deux ressortissants canadiens en Chine, accusés d'espionnage par Pékin.
Depuis l'été 2024, Ottawa et Pékin s'affrontent sur le front commercial: surtaxes canadiennes sur les véhicules électriques et l'acier chinois, et ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens, dont le canola, un oléagineux utilisé pour l'alimentation et les biocarburants, dont le Canada est l'un des principaux producteurs mondiaux.
D'ici au 1er mars, les droits de douane sur le canola devraient passer de plus de 80% à environ 15%. M. Carney a dit s'attendre au moins jusqu'à la fin de l'année à une réduction des droits sur les homards, les crabes et les pois.
Quant aux véhicules électriques, M. Carney s'est employé à dissiper les inquiétudes du secteur automobile national en disant que 49.000, c'était "moins de 3%" du marché et qu'en retour il espérait dans les trois prochaines années des "investissements chinois considérables" créateurs d'emplois au Canada.
- Face à Trump -
Il a répété la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis du grand voisin américain, premier partenaire commercial loin devant la Chine.
Chine et Canada ont en commun de subir les effets des politiques agressives du président Donald Trump.
M. Carney a fait voeu de voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les Etats-Unis d'ici à 2035. Il a souligné le poids de la Chine: deuxième puissance économique représentant un tiers de la croissance globale et avec laquelle le commerce fait vivre des centaines de milliers de Canadiens.
Dans un contexte incertain, son gouvernement a décidé de "recalibrer" la relation avec la Chine, a-t-il dit. Il entend stimuler les échanges dans les domaines de l'énergie propre, de l'agriculture et de l'agroalimentaire, et se montrer "pragmatique".
Il a donné des gages à ses hôtes sur la question ultrasensible de Taïwan en réaffirmant la politique canadienne d'une seule Chine. Il a éludé les questions sur la Chine comme puissance "perturbatrice". Quant aux droits humains, ces questions sont plus efficacement abordées au sein de "coalitions" et sans "mégaphone", a-t-il dit.
"Nous prenons le monde comme il est, pas comme nous souhaiterions qu'il soit".