Disparition de Lyhanna: le principal suspect mis en examen pour enlèvement information fournie par AFP 01/06/2026 à 23:09
Le suspect interpellé samedi dans le cadre de la disparition de Lyhanna, collégienne de 11 ans portée disparue dans le Gers depuis trois jours, a été mis en examen lundi pour enlèvement et placé en détention provisoire tandis que les recherches se poursuivent aux aletours du bourg de Fleurance.
"Il a été mis en examen pour enlèvement, séquestration de mineure de 15 ans", a dit à l'AFP le procureur d'Agen Olivier Naboulet.
"Présenté au magistrat instructeur peu avant 20h00, le mis en cause, âgé de 41 ans, demeurant dans le Gers non loin de Fleurance, au casier judiciaire vierge, n’a pas souhaité s’exprimer devant le magistrat, ni répondre à d’éventuelles questions", a précisé le procureur dans un communiqué.
En garde à vue depuis samedi à la mi-journée, le suspect a été transféré lundi après-midi vers le pôle criminel du tribunal judiciaire d'Agen.
Selon le père de Lyhanna, rencontré par un journaliste de l'AFP, sa fille et celle du suspect sont amies et scolarisées dans le même collège et les deux familles se connaissent depuis des années.
- "soirée pyjama" -
L'adolescente a été vue pour la dernière fois vendredi vers 15H00 devant son collège à Fleurance, un bourg de 6.000 habitants situé à 80 km à l'ouest de Toulouse.
Contacté par l'AFP, l'avocat de la famille de la disparue explique que la seule attente de ses proches "est de retrouver Lyhanna".
"C'est la seule chose qu'on veut, le reste n'est qu'accessoire", a affirmé François Roujou de Boubée qui a confirmé que Lyhanna était une "copine" de la fille du suspect et que les parents des deux collégiennes se connaissaient.
Sur BFMTV, le conseil, qui a précisé n'avoir pas encore eu accès au dossier d'enquête, a par ailleurs indiqué que les parents de Lyhanna avaient arrêté "tout contact" avec le suspect, après avoir eu "quelques doutes" sur ses agissements lors d'une "soirée pyjama" à son domicile.
Dimanche, la procureure d'Auch Clémence Meyer avait annoncé que l'homme avait déclaré avoir déposé Lyhanna à la piscine de la commune, des déclarations "jugées incohérentes et imprécises".
- "maintenir l'effort"-
A Fleurance et dans les environs, les efforts de recherche pour retrouver Lyhanna ont été accentués avec le renfort d'un escadron de gendarmes mobiles, ce qui porte à "170-180" le nombre de membres des forces de l'ordre mobilisés pour "maximiser notre couverture terrain", a indiqué en fin d'après-midi le colonel Philippe de Laforcade, commandant du groupement de gendarmerie du Gers.
"On ne s'inscrit pas dans une notion de durée déterminée, on fait la mission (...), maintenir l'effort, c'est ce qu'on doit aux familles, c'est ce qu'on doit à Lyhanna, à sa famille et à la population de Fleurance qui est venue nous aider", a souligné l'officier.
Dimanche, des habitants de la commune ont participé à une battue organisée par les gendarmes, qui a permis de prélever "un certain nombre d'objets, d'indices".
Sur le terrain, les enquêteurs ratissent les environs de Fleurance: une rivière et des lacs ont été sondés par des plongeurs, des chiens dressés à la recherche de personnes, des drones et un hélicoptère ont également été déployés par la gendarmerie qui décrit "un engagement maximal".
Lundi, les recherches étaient orientées vers des bois au sud du bourg ainsi qu'à d'autres zones des alentours.
Le colonel de Laforcade demande à la population de "ne pas engager de recherche collective de façon autonome" mais n'a pas exclu "sous l'autorité du procureur de la République d'Agen, de relancer des recherches citoyennes".
Une réunion d'une quarantaine de maires et d'adjoints de la communauté de communes de la Lomagne gersoise, dont fait partie Fleurance, avait lieu lundi soir sur place pour faciliter la "cohésion d'ensemble" et la diffusion des informations, a expliqué le maire Gregory Bobbato, des élus présents indiquant en outre à l'AFP souhaiter afficher leur solidarité.
"Les Fleurantains sont sous le choc de l'annonce", a dit M. Bobbato, insistant sur le rôle d'interface des élus entre forces de l'ordre et population.
"Il faut permettre à l'enquête d'avancer sans l'entraver surtout par des initiatives personnelles", a-t-il insisté.