Discussions attendues entre les Etats-Unis et l'Iran, des doutes persistent information fournie par Reuters 11/04/2026 à 05:50
par Ariba Shahid et Asif Shahzad
Les Etats-Unis et l'Iran doivent tenir des négociations samedi au Pakistan afin de mettre fin au conflit qui dure depuis six semaines, bien que Téhéran ait posé des préconditions à l'ouverture des pourparlers.
La délégation américaine, menée par le vice-président J.D. Vance et qui comprend notamment les émissaires du président Donald Trump Steve Witkoff et Jared Kushner, est attendue à Islamabad, la capitale pakistanaise.
La délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araqchi, est arrivée vendredi au Pakistan.
L'IRAN N'A "AUCUNE CARTE EN MAIN", DIT TRUMP
Mohammad Baqer Qalibaf a écrit sur le réseau social X que Washington était convenu de dégeler les avoirs iraniens et d'inclure le Liban dans l'accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu sous l'égide du Pakistan.
Tant que ces conditions n'auront pas été remplies, les pourparlers ne débuteront pas, a-t-il dit.
Israël et les Etats-Unis ont affirmé que l'opération en cours au Liban, où près de 2.000 personnes ont été tuées depuis le début de l'offensive israélienne dans le pays le 2 mars, ne faisait pas partie de l'accord de cessez-le-feu.
L'Iran a déclaré que la cessation des hostilités au Liban était une condition essentielle à la trêve conclue entre Téhéran et Washington.
S'exprimant depuis Islamabad, Mohammad Baqer Qalibaf a déclaré que Téhéran était disposé à négocier mais qu'il n'avait aucune confiance en Washington, ajoutant que l'Iran était prêt à conclure un accord si les Etats-Unis proposaient ce qu'il a décrit comme un accord sincère et accordait à l'Iran ses droits, ont rapporté les médias d'Etat iraniens.
Dans un message sur son réseau social, Donald Trump a estimé que "les Iraniens ne semblent pas se rendre compte qu'ils n'ont aucune carte en main, autre que celle d'un racket à court terme des eaux internationales". "La seule raison pour laquelle ils sont encore vivants aujourd'hui, c'est pour négocier", a-t-il ajouté.
Avant son départ pour le Pakistan, J.D. Vance a dit espérer un résultat positif des pourparlers tout en avertissant: "S'ils essaient de nous balader, ils trouveront face à eux une équipe de négociation pas très réceptive."
LES COMBATS CONTINUENT AU LIBAN
L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, et son homologue libanaise, Nada Hamadeh Moawad, doivent se rencontrer mardi à Washington pour des discussions, ont dit des responsables israéliens et libanais.
La présidence libanaise a indiqué qu'ils s'étaient entretenus par téléphone vendredi et étaient convenu d'examiner la possibilité d'annoncer un cessez-le-feu et de fixer une date de début pour des pourparlers bilatéraux sous la médiation des Etats-Unis.
L'ambassade d'Israël à Washington a toutefois déclaré que les pourparlers constitueraient le début de "négociations de paix formelles" et qu'Israël avait refusé de discuter d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah.
Les attaques israéliennes se sont poursuivies vendredi dans le sud du Liban. Une frappe contre un bâtiment gouvernemental dans la ville de Nabatiyé a fait 13 morts parmi les forces de sécurité libanaises, a dit le président libanais Joseph Aoun dans un communiqué.
Le Hezbollah a fait savoir sur sa chaîne Telegram qu'il avait lancé des salves de roquettes vers les villes du nord d'Israël en représailles.
L'armée israélienne a mené mercredi une attaque à grande échelle au Liban, la plus importante depuis la reprise du conflit le 2 mars avec la milice chiite, tuant plus de 350 personnes, ont dit les autorités libanaises.
L'Iran souhaite également obtenir d'importantes concessions de la part des Etats-Unis lors des négociations, dont la levée des sanctions qui pèsent sur Téhéran et la reconnaissance de son autorité sur le détroit d'Ormuz.
Les navires iraniens traversaient le détroit sans encombre vendredi, tandis que ceux des autres pays restaient bloqués.
Les perturbations dans l'approvisionnement énergétique ont alimenté l'inflation et ont fait ralentir l'économie mondiale, et leurs répercussions devraient perdurer pendant des mois, même si les négociateurs parviennent à rouvrir le détroit
(avec les rédactions de Reuters, rédigé par Raju Gopalakrishnan; version française Camille Raynaud)