Dinosaures: les os géants d'un camarasaure exposés pour la première fois à Angoulême
information fournie par AFP 22/05/2026 à 20:24

Des paléontologues installent un morceau de fémur d'un camarasaure, pour l'exposition "Chercheurs de Dinos" au musée d'Angoulême, le 22 mai 2026 en Charente ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Les ossements d'un camarasaure, cousin du diplodocus long de 20 mètres, sont exposés pour la première fois à partir de vendredi au musée d'Angoulême, deux ans après leur découverte retentissante sur le site de fouilles voisin d'Angeac-Charente (Charente).

Le squelette, déjà aperçu par quelques dizaines de chanceux ayant pu accéder au chantier de fouilles lors de visites guidées estivales, est désormais accessible au grand public dans le cadre de l'exposition "Chercheurs de Dinos", organisée jusqu'à début janvier 2027.

"C'est la première fois qu'on va le présenter et c'est aussi la première fois que les scientifiques vont pouvoir le voir", déclare à l'AFP Laurent Crépin, conservateur et responsable des collections paléontologiques et archéologiques du Musée d'Angoulême.

Des paléontologues installent un morceau de fémur d'un camarasaure, pour l'exposition "Chercheurs de Dinos" au musée d'Angoulême, le 22 mai 2026 en Charente ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

"Même les scientifiques de l'équipe de fouilles d'Angeac n'ont pas encore vu l'ensemble des pièces préparées et montées (...) donc c'est vraiment exceptionnel: c'est l'une des premières fois où le public va avoir la primeur d'observer ces pièces avant que les scientifiques ne travaillent dessus", note-t-il.

Parmi les fossiles exposés, un énorme fémur (en deux parties), une omoplate, plusieurs vertèbres, deux mandibules ainsi qu'une trentaine de dents découvertes à Angeac-Charente.

Cet herbivore de 20 tonnes, qui était jusqu'à 2024 inconnu en Europe occidentale à cette période, vivait il y a 140 millions d'années dans ce marécage, comme une quarantaine de vertébrés, crocodiles, tortues ou encore ornithomimosaures (dit dinosaure-autruche).

"Pour un gisement du Crétacé inférieur comme Angeac, les camarasaures n'étaient pas censés être présents", rappelle Laurent Crépin.

"Théoriquement, c'est une espèce qui aurait dû succomber à la transition Jurassique-Crétacé, avec une sorte de crise climatique qui fait disparaître un certain nombre d'espèces", précise-t-il. "Du coup, ça a vraiment relancé les recherches et apporté de nouveaux questionnements."

Des paléontologues inspectent un ilium (os pelvien) d'un camarasaurus protégé par du plâtre avant de l'installer pour l'exposition "Chercheurs de Dinos" au musée d'Angoulême, le 22 mai 2026 en Charente ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Les fossiles découverts à Angeac-Charente sont voués à rejoindre les collections du musée d'Angoulême. Certains seront exposés au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris à partir de juin, mais pas le camarasaure.

Ce site a acquis sa réputation après la découverte en 2010 d'un fémur de 2,02 mètres d'un gigantesque turiasaure, lui aussi de la famille des sauropodes comme le diplodocus.

L'exposition "Chercheurs de Dinos", organisée avec le soutien scientifique et technique du MNHN et de l'Association Paléocharente, présentera les résultats les plus récents des fouilles, une reconstitution d'ornithomimosaure, des évocations des végétaux, ainsi que la diversité des bénévoles et des métiers nécessaires pour réaliser un tel chantier.