Deux victoires de LFI près de Lyon annulées par la justice, une autre en suspens
information fournie par AFP 29/09/2026 à 20:57

La justice administrative a annulé mardi l'élection d'un maire Insoumis à Vénissieux, en raison d'irrégularités sur la liste RN-UDR, et deux autres victoires du parti sont menacées à Vaulx-en-Velin et Saint-Fons ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Coup dur pour LFI : la justice administrative a annulé mardi l'élection de maires Insoumis à Vénissieux et Vaulx-en-Velin, en raison d'irrégularités sur des listes concurrentes, et une autre victoire du parti est menacée à Saint-Fons, toujours dans la banlieue lyonnaise.

Le tribunal administratif de Lyon a décidé d'annuler "dans leur ensemble" les opérations électorales à Vénissieux (65.000 habitants) et Vaulx-en-Velin (53.000), remportées d'une courte tête par les députés LFI Idir Boumertit et Abdelkader Lahmar en mars.

Pour Vénissieux, sa décision s'appuie sur de fausses déclarations de domiciliation de la tête de liste d'extrême droite RN-UDR, Quentin Taïeb, et de certains colistiers, qui sont déclarés inéligibles pour 24 ou 18 mois, selon ce jugement consulté par l'AFP.

Concernant Vaulx-en-Velin, le tribunal relève des irrégularités sur une liste divers centre, qui ne mentionnait pas la nationalité néerlandaise d'une colistière comme l'impose le code électoral, et dont les suffrages avaient en conséquence été invalidés par la préfecture.

"On fait les frais des insuffisances et de possibles manoeuvres des autres", a déploré Idir Boumertit qui avait battu la maire communiste sortante Michèle Picard avec seulement 25 suffrages d'avance.

"On a un sentiment d'injustice et d'incompréhension", a ajouté Abdelkader Lahmar, qui, lui, avait devancé de 104 voix la socialiste sortante Hélène Geoffroy.

Les deux maires ont l'intention de faire appel. Comme il s'agit d'un litige électoral, le seul recours possible est de porter l'affaire devant le Conseil d'État, qui devrait mettre plusieurs mois à prendre une décision.

S'il confirmait ensuite l'annulation de l'élection, un nouveau scrutin devra être organisé dans un délai rapproché, un casse-tête avec la présidentielle en avril et début mai.

En attendant, "on continue à travailler et s'il faut retourner devant les électeurs, on ira et on gagnera encore plus largement", a déclaré le maire de Vénissieux.

"Débranchées"

Les deux élus ont accusé la commission électorale de la préfecture du Rhône de ne pas avoir exercé son rôle. "C'est son raté qui est sanctionné", selon Abdelkader Lahmar.

Quant au maire de Vénissieux, il souligne que les problèmes autour de la liste RN étaient connus de la maire sortante, du procureur et de la préfecture, ce qui n'a pas empêché qu'elle soit enregistrée. "Cela pose question..."

"La préfecture du Rhône a réussi son coup", a également tonné sur X le leader insoumis et candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, en dénonçant "sa propre erreur, son amateurisme professionnel, sa volonté délibérée d'ignorer notre alerte avant l'élection".

Lors des dernières municipales, LFI a réussi à s'implanter dans plusieurs grandes villes dont Saint-Denis, Roubaix mais aussi à Vaulx-en-Velin, Vénissieux et Saint-Fons (20.000).

Sa victoire dans cette dernière ville de la banlieue lyonnaise semble également compromise.

Lors d'une audience mardi, la rapporteure publique (un magistrat dont les avis sont généralement suivis par les juridictions administratives) a préconisé l'annulation de l'élection de l'Insoumis Hadi Mebarki après une irrégularité sur la liste du maire sortant Christian Duchêne (divers gauche).

L'absence de la mention de la nationalité portugaise d'une colistière sur sa liste avait été soulevée le jour du scrutin par la préfecture, qui avait demandé que ces bulletins ne soient pas comptabilisés, mais certains l'avaient été malgré ces consignes.

"Sans entrer dans des polémiques excessives, on a trois villes LFI qui sont débranchées pour des erreurs que d'autres listes ont commises", a observé le maire Hadi Mebarki.

Pour Abdelkader Lahmar, "tout se passe comme si des arguties juridiques servaient à faire rejouer des élections dont le résultat n'a pas convenu".

"Que trois maires insoumis sur le territoire lyonnais soient victimes d'une tentative de strike, c'est une injustice réelle", a ajouté Idir Boumertit.

Dans une autre décision mardi, le tribunal administratif a par ailleurs rejeté un recours formé par l'homme d'affaires Jean-Michel Aulas, qui avait contesté la courte victoire (50,67% contre 49,33%) de l'écologiste Grégory Doucet, évoquant des "irrégularités". L'ancien patron de l'Olympique Lyonnais considérait notamment que certains évènements de communication de la mairie relevaient de "la campagne de promotion publicitaire", mais le tribunal a jugé infondés ces griefs.

"Le résultat électoral était incontestable. Nous attendions avec sérénité cette décision (...) qui vient confirmer la légitimité des urnes. Notre campagne a été menée avec un scrupuleux respect des règles en vigueur", a réagi M. Doucet auprès de l'AFP.