Dette "intenable" à la mairie de Bordeaux, risque de tutelle, selon Cazenave
information fournie par AFP 22/06/2026 à 21:59

Le maire de Bordeaux Thomas Cazenave, le 2 avril 2026 à Bordeaux ( POOL / Philippe Lopez )

L'endettement de Bordeaux, qui a bondi entre 2019 et 2025 pour atteindre 413 millions d'euros, représente une "dette historique" et "intenable", a déclaré lundi Thomas Cazenave, alertant sur une possible "mise sous tutelle" de la municipalité.

Élu en mars, le maire (Renaissance) a sollicité un audit auprès du cabinet EY, lequel a constaté "un accroissement du recours à l'emprunt" en 2024 et 2025. Les élus de l'ancienne majorité écologiste, aujourd'hui dans l'opposition, défendent eux des investissements "pour préparer l'avenir", notamment en termes de végétalisation et de rénovation énergétique.

"L'encours de la dette communale a ainsi évolué de 252 M EUR en 2019 à 413 M EUR en 2025 (+64%)", relève la société de conseil, qui pointe également des dépenses de fonctionnement ayant crû plus rapidement que les recettes entre 2019 et 2025.

"La dette a atteint des niveaux historiques", a commenté Thomas Cazenave en présentant le rapport d'audit à la presse. "C'est une situation difficile et préoccupante dont nous héritons et qui nécessitera de construire une nouvelle trajectoire."

Le nouveau maire, ex-ministre délégué aux Comptes publics, explique avoir reçu un "courrier d'alerte" de la préfecture et de la direction générale des finances publiques "concernant la dégradation (des) ratios financiers" de la municipalité.

Si son budget est en déséquilibre, elle risque la "mise sous tutelle", a prévenu Thomas Cazenave. Auquel cas "nous n'aurons plus aucune souveraineté", a-t-il mis en garde, renvoyant le détail des futures "économies" à un futur budget rectificatif pour 2026, puis au budget 2027.

"On nous a caché des choses parce que la situation était en train de se dégrader fortement", a accusé M. Cazenave.

"Durant six ans, nous avons fait un choix clair: investir pour préparer Bordeaux aux urgences climatiques et sociales", ont répliqué les élus issus de l'ex-majorité, vantant leur bilan environnemental sur fond de canicule dépassant les 40°C à Bordeaux.

Battu par Thomas Cazenave en mars, Pierre Hurmic (2020-2026) avait notamment revendiqué pendant la campagne avoir mené une "révolution solaire" avec 52 bâtiments municipaux équipés en panneaux et une autonomie énergétique passée de 3 à 41%, la végétalisation des cours d'école et 70.000 arbres plantés.

"Ces investissements n'étaient ni un luxe, ni une dérive. Ils étaient une nécessité", ont plaidé les conseillers municipaux d'opposition dans un communiqué, fustigeant "le récit d'une ville prétendument +au bord du gouffre+ pour mieux préparer les Bordelais à une politique d'austérité".