Détournement de fonds publics: 18 mois de prison ferme requis contre Patrick Balkany
information fournie par AFP 08/04/2026 à 13:18

L'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, arrive au tribunal de Nanterre pour son procès pour détournement de fonds publics, le 7 avril 2026 dans les Hauts-de-Seine ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le ministère public a requis mercredi devant le tribunal correctionnel de Nanterre une peine de trois ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis probatoire, contre l'ancien maire de Levallois-Perret Patrick Balkany, jugé pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.

La procureure a également réclamé une amende de 350.000 euros, 10 ans d'inéligibilité, l'interdiction d'exercer dans la fonction publique pendant cinq ans et l'affichage de la décision pendant un mois.

Fustigeant une "atteinte à la société et à l'Etat" appelant une "action ferme", la magistrate a toutefois précisé avoir pris en considération "l'âge et la santé" du prévenu, aujourd'hui âgé de 77 ans.

Au centre du procès figurent les liens étroits entre l'ancien baron francilien et son ex-directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020.

La justice reproche à M. Balkany d'avoir utilisé une association subventionnée par la ville, le Codeeil, pour assurer un confortable complément de revenus à son collaborateur au lendemain de son départ à la retraite en 2012.

Lors de son réquisitoire, l'accusation a méthodiquement démonté le fonctionnement de cette "association transparente", conçue selon elle pour s'affranchir des règles de la fonction publique territoriale.

L'édile, qui a régné "sans partage" sur sa commune pendant plus de trente ans, a usé de son "autorité naturelle" et d'un charisme tels qu'il n'était "pas facile de dire non", a souligné la magistrate.

Elle a souligné l'"omerta" des fonctionnaires locaux et les difficultés rencontrées par les enquêteurs.

Ce montage a permis à M. Guillot-Corail de cumuler sa pension de retraite avec un salaire mensuel net de plusieurs milliers d'euros.

Financée par des subventions municipales atteignant 855.000 euros au total, la structure a également pris en charge de luxueux voyages en première classe vers Cuba, Miami ou Saint-Domingue, sous couvert de relations internationales.

En contrepartie, l'enquête n'a trouvé aucune trace de véritable "production intellectuelle" de la part du bénéficiaire.

L'ancien maire "a en réalité remercié (...) son collaborateur", a résumé la représentante du parquet, dénonçant l'existence d'un "système".

Balayant l'argument de la prescription soulevé par la défense, la procureure a estimé que cette "infraction occulte" s'était poursuivie sans discontinuer jusqu'en 2018.