Des taxis volants bientôt sur la Seine information fournie par Boursorama avec LabSense 20/02/2017 à 18:40
En test ces jours-ci, les drôles de "seabubbles" devraient être mises en circulation au printemps. Petits véhicules futuristes à 4 places montés sur foils, l'invention du navigateur Alain Thébault est en développement depuis 2 ans. 100% électrique, ce nouvel engin écologique pourrait bien révolutionner le transport à Paris et dans d'autres grandes villes fluviales.
Destaxis volants bientôt sur la Seine
Comme au Vendée Globe
Son rêve a toujours été de faire voler les bateaux. Pari réussi pour Alain Thébault dès 1995 avec son hydroptère, bateau multicoques muni d'hydrofoils (sorte d'ailes immergées) qui survole les océans. Les records de vitesse s'enchainent et le skipper devient le chouchou des sponsors. Son procédé (mis en oeuvre avec Eric Tabarly) est maintenant utilisé par de nombreux bateaux du Vendée Globe et tous ceux de l'America's Cup.En 2014, aidée par ses filles qui lui disent que "plutôt que de continuer à battre des records [il serait] plus utile en aidant la communauté", Alain Thébault entre "dans la deuxième phase de [sa] vie : celle du partage". C'est ainsi que lui vient l'idée de ces "Seabubbles", véhicules propres au service du plus grand nombre. Il va les mettre au point avec l'aide d'Anders Bringdal, ancien champion de windsurf.
Le même procédé d'hydrofoils est utilisé sur les Seabubbles. "Grâce aux foils, nous réduisons la trainée de 40%, ce qui nous permet d'utiliser une motorisation électrique qui n'émet aucune pollution. Les batteries sont situées sous le plancher de l'habitacle, comme sur une voiture Tesla" explique Alain Thébault. Autre avantage, ces véhicules ne font aucun bruit et aucune vague.
Soutenu par la Mairie de Paris, le projet suscite aussi l'enthousiasme de nombreux investisseurs, conscients de l'énorme marché potentiel.
Ubérisation des fleuves
Renault, BMW, Uber, Bolloré, LVMH ou encore Google se bousculent pour rencontrer le skipper. Emmanuel Macron lui apporte même son soutien lors du salon Vivatech à Paris en juillet. Mais c'est Henri Seydoux, PDG de Parrot (fabricant de drones) qui lui fait le premier chèque de 100 000€. Le fonds de capital-risque Partech Ventures s'est quant à lui investi à hauteur de 150 000€. En tout, 500 000€ ont été réunis et la société est désormais valorisée à 10 millions d'euros. Ambitieux, le projet de l'inventeur français "surfe" sur une tendance qui gagne les consciences et des marchés ! Désengorger les centres urbains, lutter contre la pollution et favoriser la mobilité ; la formule fonctionne déjà et intéresse les grandes agglomérations. Rien d'étonnant alors qu'Anne Hidalgo ait voulu que "Paris soit la première capitale à tester les deux premiers prototypes dès le printemps" . "Cela va être un transport qui sera, je pense, le futur service de taxis sur la Seine" a t-elle ajouté. De fait, une dizaine de Seabubbles conduites par des chauffeurs seront mis en circulation rapidement à Paris. Les tarifs devraient être inférieurs à ceux des taxis.Mais Alain Thébault voit plus loin. Le business plan prévoit 3 000 à 5 000 bubbles d'ici 2018 avec l'ambition affichée d'en faire des sortes de Vélib' aquatiques, en libre utilisation. Le skipper a même déjà pensé à une application dédiée "CatchBubble" sur le modèle d'Uber, qui suit le projet de près.
De nombreuses grandes villes fluviales ou maritimes comme San Fransisco ou Los Angeles (où les bouchons sont légion) se disent déjà très intéressées.