Des interpellations à Paris au cours d'un rassemblement interdit contre la répression en Iran
information fournie par AFP 20/06/2026 à 20:00

PManifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026 ( AFP / Arnaud FINISTRE )

Quelques centaines de personnes dénonçant la répression et les exécutions menées par le pouvoir en Iran se sont rassemblées samedi à Paris en dépit d'une interdiction de manifester, a déclaré la préfecture de police (PP), qui a fait état de 20 interpellations.

Les manifestants ont convergé en fin de matinée vers la place Vauban, à proximité des Invalides, bravant la décision de la PP, rendue la veille et confirmée par la justice administrative samedi matin, d'interdire ce rassemblement en raison en particulier d'un "risque sérieux" d'"affrontements" avec des militants monarchistes iraniens ou avec des personnes soutenant le pouvoir en place à Téhéran.

Les forces de l'ordre ont rapidement dispersé les manifestants, faisant notamment usage de "gaz de poivre", selon Afchine Alavi, un membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), la vitrine politique de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MEK), considérée comme "terroriste" par Téhéran, qui faisait partie des organisateurs.

"Une douzaine" de personnes ont été blessées, a-t-il affirmé à l'AFP.

"Nous avions demandé aux manifestants de ne pas venir et d'attendre le résultat de l'appel déposé en urgence. Mais on ne peut pas contrôler tout le monde et des cars sont arrivés d'un peu partout en Europe", a-t-il dit.

Manifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026 ( AFP / Arnaud FINISTRE )

A la mi-journée, quelques centaines de personnes étaient cantonnées par les CRS dans un secteur de l'avenue de Breteuil, scandant les slogans "Ni chah, ni mollah !", "A bas la dictature en Iran !" ou encore "French government shame on you !" ("Honte à toi, gouvernement français !"), agitant des drapeaux jaunes ou brandissant des portraits d'Iraniens exécutés par les autorités de Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le rassemblement s'est terminé dans le calme en milieu d'après-midi.

Parmi les manifestants, Shokouleh Majd déplorait "la politique complaisante" de la France vis-à-vis des autorités iraniennes "pour empêcher cette manifestation". "La France a écrasé toutes ses valeurs. C'est pas nous, ce sont les mollahs qui sont des terroristes et c'est nous qu'on empêche de manifester pour dénoncer les exécutions en Iran", pestait-elle.

Cette manifestation, initialement programmée pour samedi après-midi, était organisée par le collectif Voix d'Iran, comprenant des associations de la diaspora iranienne et des ONG françaises et internationales. Parmi elles, le CNRI mais aussi l'Association des femmes iraniennes en France et le Comité de soutien aux droits humains en Iran (CSDHI).

Manifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026 ( AFP / Arnaud FINISTRE )

Les organisateurs espéraient la participation de 100.000 personnes.

Le tribunal administratif de Paris avait confirmé samedi matin la décision de la PP d'interdire la manifestation.

Dénonçant une interdiction décrétée "au dernier moment", les avocats des organisateurs Vincent Brengarth et William Bourdon ont déclaré à la mi-journée à l'AFP que le Conseil d'Etat, qu'ils avaient saisi en appel, avait rejeté leur requête.

"L'absence d'audience devant le Conseil d’État, en dépit de l'atteinte portée à la liberté de manifester et des très lourdes conséquences de cette interdiction, finit de prolonger une situation d’arbitraire", ont-ils dénoncé.