Des frappes russes font 3 morts à Kyiv, infrastructures énergétiques ciblées
information fournie par Reuters 14/10/2026 à 10:58

(Actualisé avec nouveau bilan, détails sur Starlink, contexte)

Des frappes russes ont fait trois morts à Kyiv et ont endommagé nombre d'infrastructures énergétiques, plongeant des centaines de milliers de personnes dans le noir pendant la nuit de mardi à mercredi, ont déclaré les autorités.

L'attaque, menée avec des missiles balistiques et des drones, a duré plusieurs heures et a également visé Kharkiv, la deuxième plus grande ville d'Ukraine, a précisé le président Volodimir Zelensky, suggérant que Moscou se moquait des efforts de paix du président américain Donald Trump avec ces nouvelles frappes.

Ces dernières ont endommagé 30 installations énergétiques du pays et au moins 600.000 personnes se sont retrouvées sans électricité, a-t-il ajouté.

Volodimir Zelensky a également estimé injuste le fait que Kyiv a une nouvelle fois été frappée sans que l'Ukraine n'ait été prévenue au préalable par ses partenaires occidentaux.

Le président américain Donald Trump, qui a annoncé dimanche la conclusion d'un accord de cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie, a assuré mardi que Washington continuait de partager des renseignements avec Kyiv et que les efforts de son administration pour mettre fin à la guerre se poursuivaient.

"Les faits montrent que les Russes ne se considèrent pas tenus de respecter ce qu'a déclaré le président des États-Unis", a encore dit Volodimir Zelensky par allusion à la soi-disant trêve énergétique entre les deux pays.

"Cette frappe était tout à fait délibérée et son ampleur était une véritable démonstration de force : la Russie n'avait jamais auparavant fait preuve d’un tel mépris manifeste envers les États-Unis", a encore dit le président ukrainien.

Le ministère russe de la Défense a dit de son côté que ses forces avaient frappé sept infrastructures énergétiques ukrainiennes, dont plusieurs à Kyiv, lors d'une attaque massive menée pendant la nuit.

Moscou a également frappé un centre de données situé dans la capitale ukrainienne qui, selon le ministère, servait à recueillir des renseignements sur les forces armées russes.

RESTRICTIONS DE STARLINK EN UKRAINE

Selon Serhii Beskrestnov, conseiller auprès du ministère ukrainien de la Défense, SpaceX a imposé une restriction sur certains services de son réseau Starlink en Ukraine, suspendant le fonctionnement de sa version de niveau militaire à des vitesses supérieures à 160 km/h, ce qui perturbe les missions de combat.

"Nos forces de défense n'ont reçu aucun avertissement concernant cette restriction, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions", a-t-il dit sur Telegram.

Les terminaux internet par satellite de SpaceX, société dirigée par le milliardaire Elon Musk, proche de Donald Trump, sont indispensables pour guider les frappes de drones à longue portée menées par l'Ukraine, qui ont freiné l'effort de guerre russe.

Starlink n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire. Le moins bon fonctionnement de ses services intervient à un moment où Washington fait pression sur l'Ukraine pour cesser ses frappes sur les raffineries russes.

Pour tenter d'enrayer la machine de guerre russe, aux équipements plus modernes et aux troupes plus nombreuses, l'Ukraine a adopté la stratégie de frapper des raffineries, poussant Moscou à suspendre ses exportations de diesel et provoquant depuis plusieurs semaines la colère de Donald Trump.

Sans mentionner l'impact de la guerre qu'il mène contre l'Iran, Donald Trump a accusé à plusieurs reprises l'Ukraine d'être responsable de la flambée des prix du diesel aux Etats-Unis, un motif de mécontentement majeur pour de nombreux Américains et donc un sujet d'inquiétude au sein de son camp républicain à l'approche des élections législatives de mi-mandat le 3 novembre.

L'armée de l'air ukrainienne a précisé que les défenses aériennes du pays avaient abattu quatre des 39 missiles balistiques lancés par la Russie au cours de la nuit, un ratio qui illustre le manque criant de systèmes d'interception dont souffre l'Ukraine.

(Dan Peleschuk, Max Hunder, Ron Popeski et Yuliia Dysa à Kyiv, Jekaterīna Golubkova à Tokyo; version française Camille Raynaud et Benoit Van Overstraeten, édité par Jean-Stéphane Brosse)