Washington veut frapper l'Iran "très fort" et envoie des renforts au Moyen-Orient information fournie par AFP 13/03/2026 à 22:06
Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, les Etats-Unis ont affirmé vendredi vouloir frapper l'Iran "très fort" et vont envoyer des renforts au Moyen-Orient selon des médias américains.
L'intransigeance de l'ensemble des belligérants et la poursuite de leurs frappes en Iran comme dans le reste de la région ne laissent présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial.
Selon le New York Times, quelque 2.500 Marines et trois navires de plus ont pris la direction du Moyen-Orient.
Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.
Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.
Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".
Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.
Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.
- "Trump ne comprend pas" -
Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.
Sur des images de la télévision d'Etat, on voit le cortège réagir aux explosions qui frappent des quartiers non loin, et aux épais panaches de fumée qu'elles provoquent.
La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).
Chantant "mort à l'Amérique" et brûlant des drapeaux israéliens, les manifestants arboraient notamment de nombreux drapeaux iraniens, des pancartes promettant l'enfer au président américain Donald Trump et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".
Certains manifestants brandissaient des portraits de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février au début des frappes américano-israéliennes. Si le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, était également présent dans la foule, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, fils d'Ali, n'est lui pas apparu publiquement depuis sa désignation dimanche dernier.
Jeudi, son premier message avait été lu par une présentatrice de la télévision nationale: il a appelé à venger la mort de son père et de toutes les victimes des "crimes" américains et israéliens dans ce conflit.
L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".
- "Longue confrontation" -
L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a lui aussi affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.
Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.
Téhéran et ses alliés régionaux poursuivent également leurs frappes contre des cibles américaines ou de pays considérés comme proches dans le Golfe.
Les Etats-Unis et la France ont annoncé vendredi la mort de sept de leurs soldats ou personnels en Irak: un Français, le premier dans cette guerre, tué par un drone lancé par un groupe pro-iranien dénonçant l'alignement de Paris sur Washington, et six membres d'équipage d'un avion américain qui s'est écrasé, pas en raison de tirs ennemis selon l'armée américaine.
"Je vois tous les jours partir des missiles et j'entends les explosions", a témoigné auprès de l'AFP Wang Shang, marin chinois de 32 ans joint par téléphone dans le Golfe, où il est bloqué depuis deux semaines par la guerre sur un navire marchand, et se dit "inquiet".
Cette guerre à multiples fronts continue d'ébranler le commerce mondial en bloquant le détroit d'Ormuz, voie stratégique largement bloquée par l'Iran et par où transite un cinquième du pétrole mondial, dont les cours flambent.
Le cours du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, s'est envolé de 42% depuis le premier jour du conflit, à plus de 100 dollars, renchérissant les coûts sur tous les continents dans une multitude de domaines, effrayant les entreprises et plombant les perspectives économiques.