Des combattants ouzbeks arrêtés en Syrie
information fournie par Reuters 06/05/2026 à 12:34

Les forces de sécurité syriennes ont arrêté plusieurs combattants ouzbeks qui avaient participé à un rassemblement armé devant un commissariat d'Idlib, dans le nord-ouest du pays, pour protester contre l'arrestation d'un des leurs, ont déclaré deux responsables syriens de la sécurité.

Cet incident met en lumière la difficulté pour le gouvernement de Damas d'imposer son autorité sur les djihadistes étrangers venus combattre en Syrie pendant la guerre civile.

Nombre d'entre eux se sont battus aux côtés ou au sein du Front al Nosra, le groupe djihadiste autrefois dirigé par l'actuel président syrien Ahmed al Charaa, notamment à l'époque où celui-ci était lié à Al Qaïda.

Une source sécuritaire syrienne a déclaré l'an dernier à Reuters qu'il reste quelque 1.500 combattants ouzbeks en Syrie, dont certains accompagnés de leur famille.

Selon les deux responsables des services de sécurité et des habitants, l'armée syrienne a déployé d'importants renforts autour de deux villes du gouvernorat d'Idlib, Kafriya et Al Foua, pour procéder aux arrestations des combattants ouzbeks ayant participé à la manifestation.

On ne sait pas combien de djihadistes ont été arrêtés.

C'est la deuxième fois que les forces de sécurité syriennes s'en prennent à des djihadistes étrangers installés dans la région d'Idlib depuis la chute de Bachar al Assad, après les tensions autour d'un camp dirigé par le français Omar Diaby, connu sous le nom d'Omar Omsen, près de la frontière turque en octobre dernier.

Le gouvernement syrien a cherché à régulariser le statut de nombreux combattants étrangers, en intégrant des milliers d'entre eux au sein de la nouvelle armée syrienne. Certains occupent des fonctions importantes : un Jordanien commande la Garde républicaine chargée de protéger le président Al Charaa, et un Australien dirige le fonds souverain nouvellement créé.

Reuters a rapporté l'année dernière que les États-Unis avaient donné leur aval à la création d'une nouvelle division de l'armée syrienne constituée de quelque 3.500 combattants étrangers, principalement originaires de Chine et d'Asie centrale, jugeant préférable de les placer sous le contrôle de l'État plutôt que de les laisser en dehors des structures officielles.

Ahmed al Charaa a noué des liens étroits avec les États-Unis au cours de l'année écoulée, et Damas a rejoint en novembre la coalition internationale contre l'État islamique dirigée par Washington.

(Feras Dalatey, version française Tangi Salaün, édité par Benoit Van Overstraeten)