"Des centaines de millions d'euros" de dégâts : les commerçants ont "besoin d'aide" après les violences et les pillages, selon les représentants du secteur information fournie par Boursorama avec Media Services 19/10/2026 à 10:31
La Fédération du commerce demande d'accélérer des procédures de remboursement par les assurances, de faciliter le recours au chômage partiel et de réduire les charges sociales.
Jusqu'à 2.000 commerces ont été directement touchés par les violences et les pillages du week-end dans tout le pays, a estimé lundi 19 octobre le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France). Le secteur a "besoin d'aide", a demandé la Fédération du commerce.
Dimanche à 20h, "on avait un premier pointage à 1.500 (commerces touchés, NDLR), mais sachant que (n'étaient) pas comptées certaines villes (...), on sera au moins à 10-20% de plus", a expliqué Alain Di Crescenzo sur RTL . En outre, les violences "ont continué au moins dans quatre villes de France pendant la nuit", à "Paris, Marseille, Lyon et Nantes", a-t-il souligné, "donc on dépassera les 2.000, ça c'est quasiment sûr, pour des centaines de millions d'euros de casse".
Dans la capitale, le BHV Marais a fait savoir à l' AFP qu'une "trentaine de personnes a enfoncé l'entrée" de l'emblématique grand magasin parisien dimanche. Ils "ont saccagé le rez-de-chaussée du magasin. Le bâtiment a été dégradé à l'extérieur, et de nombreux vols de marchandises ont été commis", a indiqué la direction, qui a appelé à "respecter le travail des 700 salariés au BHV qui se battent chaque jour pour redresser le magasin".
"On a besoin d'aide"
Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, qui réunit E.Leclerc, Carrefour ou encore Intermarché), avait estimé dimanche à 1.500 le nombre de commerces touchés par les violences en France, pour une facture de centaines de millions d'euros. Le ministre français du Commerce Serge Papin va réunir lundi à Bercy les fédérations représentant les commerçants, les artisans, les restaurateurs et hôteliers, ainsi que les banques et assurances, après les pillages de samedi en marge des manifestations. Le réseau des CCI et celui des Chambres des métiers et de l'artisanat (CMA) figurent dans la liste des participants à cette réunion.
Alain Di Crescenzo a indiqué qu'il allait appeler à un retour au calme et demander des mesures de soutien d'urgence pour les commerçants touchés, notamment une mobilisation rapide des assureurs, la mise en place de fonds d'intervention et l'octroi de prêts à taux bonifiés afin d'aider les entreprises à faire face aux dégâts.
Il va également demander le recours au chômage partiel ainsi qu'un moratoire sur les charges sociales et fiscales.
"On a besoin de solidarité, d'unité et on a besoin aussi d'accélération, d'accélération des procédures pour pouvoir gérer le chômage partiel, pour le remboursement par les assurances. On a besoin d'aide", a plaidé lundi matin sur BFM Business la déléguée générale de la FCD, Judith Jiguet.
"On a besoin effectivement de l'accélération de tous les processus de remboursement, des assurances, bien sûr, mais on a aussi un secteur qui est extrêmement grevé fiscalement, c'est le secteur le plus imposé, et bien peut-être qu'il y a à réfléchir effectivement sur un moratoire, notamment pour ces commerces touchés", a poursuivi Judith Jiguet.