Des centaines de migrants toujours massés à frontière Pologne-Biélorussie
information fournie par Reuters 09/11/2021 à 11:21

DES CENTAINES DE MIGRANTS TOUJOURS MASSÉS À FRONTIÈRE POLOGNE-BIÉLORUSSIE

VARSOVIE (Reuters) - Des centaines de migrants restaient massés mardi matin dans des campements de fortune en Biélorussie près des barbelés marquant la frontière avec la Pologne, alors que le Premier ministre polonais s'est rendu sur place et que des responsables mettaient en garde contre une accentuation attendue des tensions dans la région.

Les autorités polonaises, qui disent avoir empêché des milliers de migrants de traverser la frontière lundi, ont fermé ce mardi à 06h00 GMT le poste-frontière de Kuznica, situé près du lieu où sont rassemblés les migrants.

La Garde-frontières polonaise a précisé à Reuters qu'environ 800 personnes avaient campé du côté biélorusse de la clôture, sur un total d'environ 4.000 migrants regroupés dans la zone et dans les forêts avoisinantes.

La police polonaise a précisé mardi sur Twitter que la nuit avait été calme, à l'exception d'un jet de pierre sur une voiture de police, après les affrontements de lundi. Elle a également diffusé des images des tentes et des feux de camp dressés par les migrants du côté biélorusse de la frontière, pour lutter contre les températures nocturnes glaciales.

Alors que la Pologne a déjà déployé des renforts policiers, militaires et douaniers dans la zone, un responsable polonais a estimé que les tensions pourraient s'accentuer dans les prochains jours et qu'un soutien supplémentaire international pourrait être accepté dans cette éventualité.

Mais le vice-ministre des Affaires étrangères Pawel Jablonski a répété mardi à la radio Zet que pour l'instant, la Pologne n'avait pas besoin de renforts de la part de Frontex, l'agence de l'Union européenne (UE) des garde-frontières et garde-côtes.

Selon le représentant de la Pologne auprès des Nations unies, cité par l'agence de presse publique polonaise PAP, les ambassadeurs des pays de l'UE auprès des Nations unies doivent se réunir ce mardi pour aborder ce dossier.

La Biélorussie est accusée depuis plusieurs mois par l'UE d'encourager l'entrée illégale d'étrangers en Pologne et d'autres pays via son territoire en réponse aux sanctions que Bruxelles lui a imposées pour violations des droits de l'homme.

Egalement membre de l'UE et frontalière de la Pologne et de la Biélorussie, la Lituanie a de son côté déclaré l'état d'urgence à sa frontière avec la Biélorussie.

(Reportage Joanna Plucinska et Pawel Florkiewicz à Varsovie, Matthias Williams à Kiev ; version française Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)