Délais de paiement: la France à son meilleur niveau depuis trois ans au premier semestre
information fournie par Boursorama avec AFP 15/09/2026 à 10:17

( AFP / MIGUEL MEDINA )

Les entreprises françaises ont réduit les délais de paiement entre elles, notamment grâce à un "cadre réglementaire plus ferme, après deux années de dégradation, montre une étude du cabinet Altares, spécialisé dans les données financières, parue mardi.

Le retard moyen de paiement recule à 12,3 jours, contre 14,1 un an plus tôt, permettant à la France de repasser sous la moyenne européenne de 13,1 jours.

Près d'une entreprise sur deux (49,7%) règle désormais ses fournisseurs à l'échéance, contre 45,2% un an auparavant, tandis que la part des retards supérieurs à 30 jours est à 7,5%, contre plus de 9% l'an dernier.

Selon Thierry Millon, directeur des études d'Altares, ce redressement traduit à la fois l'effet "d'un cadre réglementaire plus ferme" et les préparatifs liés à la facturation électronique entrée en vigueur le 1er septembre, qui a "conduit les organisations à moderniser leurs processus".

Pour lui, on assiste "à l'ancrage progressif d'une conviction désormais partagée: la pontualité des règlements n'est plus seulement une question de trésorerie, mais un enjeu de compétitivité, de confiance économique et de conformité".

L'amélioration est portée principalement par les petites structures. Les très petites entreprises (TPE) de un à neuf salariés affichent un retard moyen de 11,7 jours et les PME de 10 à 49 salariés de 11,1 jours.

À l'inverse, les grandes entreprises sont toujours les moins vertueuses: les sociétés de plus de 1.000 salariés règlent leurs fournisseurs avec un retard moyen de 19,6 jours.

Le secteur privé présente un retard moyen de 11,7 jours au deuxième trimestre, tandis que le secteur public est plus lent, avec 14 jours. Les hôpitaux constituent le point noir, avec plus de 24 jours de retard après échéance.

Par secteur, le bâtiment se distingue avec seulement huit jours de retard moyen. Le commerce et la réparation automobile figurent également parmi les meilleurs élèves avec 10,2 jours. Dans l'industrie manufacturière, plusieurs activités restent sous le seuil des 10 jours.

À l'inverse, certains services aux entreprises demeurent très en retard, notamment la sécurité (26,9 jours), la production audiovisuelle (23 jours) ou encore les éditeurs de logiciels (17,9 jours).

En Europe, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique conservent les meilleures performances, tandis que le Portugal reste le plus mauvais payeur avec un retard moyen de 23,3 jours.

Malgré l'amélioration observée en France, Thierry Millon appelle à la vigilance, rappelant que les retards demeurent supérieurs aux niveaux observés avant la crise sanitaire et qu'il faudra "inscrire l'amélioration dans la durée".