Déficit public : un comité d'alerte présidé par le Premier ministre ce mardi pour donner "un cap" sur les finances publiques
information fournie par Boursorama avec Media Services 07/07/2026 à 10:38

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Paris le 6 juillet 2026. ( AFP / JULIEN DE ROSA )

La France affiche l'un des plus importants déficits de la zone euro.

Objectif : faire le point sur la difficile situation budgétaire française et donner "un cap" en la matière. Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ce mardi 7 juillet un comité d'alerte des finances publiques, après de premières économies de six milliards d'euros annoncées en avril.

Le comité d'alerte, instance associant le Parlement créée l'an dernier pour améliorer le pilotage des finances publiques, est prévu à 11h à Bercy autour du Premier ministre, avec les ministres de l'Economie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel, ainsi que des parlementaires, représentants des élus locaux, de la Sécurité sociale ou des syndicats. Ce comité "a pour objectif de dresser un état des lieux précis sur la situation des comptes publics et d’alerter sur les risques de dérapage", a précisé le ministère de l’Économie.

"Allo l'Elysée, Matignon, we are dans la mouise"

La France affiche l'un des plus importants déficits de la zone euro, à 5,1% du Produit intérieur brut (PIB) en 2025, le deuxième derrière la Belgique. Sa dette colossale s'élevait à 3.536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre, soit 117,5% du PIB. Le gouvernement s'est fixé comme objectif un déficit de 5% en 2026, mais la tâche s'annonce ardue, alors que la guerre au Moyen-Orient a pesé sur l'économie française.

"La France est un malade chronique", a souligné ce mardi le rapporteur général du budget au Sénat Jean-François Husson (LR) sur Public Sénat. "On est à l'hôpital dans le secteur des grands brûlés de la dette, de l'impéritie budgétaire et des décisions catastrophiques qui ont été prises pendant trop longtemps". "Moi aujourd'hui je dis : allo l'Elysée, Matignon, 'we are dans la mouise'", a-t-il poursuivi.

"Un des problèmes majeurs, c’est que nous allons très rapidement être étouffés par la dette, il faut baisser l'endettement" et "donc il faut baisser la dépense", a souligné également le rapporteur du budget à l'Assemblée Philippe Juvin (LR) sur TF1. Pour lui, "quand on refait les calculs, plus d’inflation, moins de croissance, probablement l’effort doit être à 10-12" milliards d'euros d'économies à faire . Lors d'une précédente réunion du comité d'alerte en avril, le gouvernement avait annoncé six milliards d'euros d'économies supplémentaires sur les dépenses en 2026 pour compenser le coût du conflit : quatre milliards d'euros sur l’État et deux milliards d'euros dans "la sphère sociale".

D'autres coupes budgétaires nécessaires ?

Il avait ensuite détaillé ces mesures : 3,2 milliards d'euros de gels de crédits et 847 millions d'euros d'annulations pour l’État, et la décision de ne pas accompagner la hausse du Smic au 1er juin par des allègements de charges supplémentaires pour les entreprises (soit l'équivalent de 2 milliards d'euros). David Amiel a cependant prévenu à plusieurs reprises que d'autres coupes budgétaires seraient nécessaires.

"On ne va pas annoncer des mesures (ce mardi). On va annoncer un cap", a-t-il prévenu sur RTL lundi. "Où en sommes-nous sur la croissance ? Parce qu'évidemment, la guerre dans le détroit d'Ormuz a eu un impact ces premiers mois sur l'activité", a-t-il ajouté. "On actualisera évidemment nos prévisions", a-t-il souligné, ajoutant que le gouvernement devrait aussi faire le point sur les dépenses de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu vise jusque-là une croissance de 0,9% pour 2026, mais devrait revoir à la baisse ces projections, qui datent d'avril. La Banque de France a déjà abaissé les siennes en juin, à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant), sous l'effet de la guerre. L'Insee et le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur 0,7%. Plusieurs mauvaises nouvelles se sont succédé au printemps, dont un recul du PIB de 0,1% au premier trimestre. L'inflation, elle, est montée à 2,4% en mai, avant de redescendre à 1,8% en juin, après l'accord conclu entre l'Iran et les États-Unis pour cesser les hostilités. "La fin de la guerre dans le détroit d'Ormuz va permettre de faire baisser les prix", s'est réjoui David Amiel.