Déficit public : le patronat demande au gouvernement de ne pas geler les allègements de charges sur les bas salaires
information fournie par Boursorama avec Media Services 18/05/2026 à 17:01

"Le redressement des finances publiques est une nécessité, mais il ne peut pas se faire en frappant le travail, la production, la création de valeur", selon le patronat.

( AFP / MYCHELE DANIAU )

Les organisations patronales ont appelé le Premier ministre à ne pas geler les allègements de charges dont les entreprises bénéficient sur les bas salaires, alors que le gouvernement cherche à atténuer l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques. "Alourdir le coût du travail reviendrait à fragiliser encore les conditions de la croissance", insiste le patronat, à quelques jours d'une augmentation automatique du Smic.

Les trois organisations interprofessionnelles, Medef, CPME et U2P , et deux grandes organisations sectorielles, la FNSEA (agriculture) et l' Udes (économie sociale et solidaire), réclament un rendez-vous à Sébastien Lecornu pour en discuter, dans une lettre envoyée à Matignon vendredi, révélée par la Tribune Dimanche et que s'est procurée l' AFP .

Le Smic va augmenter de 2,4% au 1er juin , pour tenir compte de l'inflation qui dépasse désormais 2% sur l'année, entraînée principalement, pour l'instant, par la hausse des prix de l'énergie consécutive à la guerre au Moyen-Orient. Les charges payées par les entreprises sur ces salaires vont donc augmenter aussi. Or le patronat redoute que le gouvernement décide de geler les exonérations à leur niveau actuel, "dans un objectif de ralentissement des dépenses au regard des conséquences de la situation internationale" , alors que l'exécutif s'apprête à annoncer cette semaine la manière dont il compte économiser six milliards d'euros pour faire face aux surcoûts engendrés par la guerre.

"Dégradation de l'activité"

Le patronat rappelle qu'après un premier trimestre à croissance nulle, "la dégradation de l'activité (semble s'être) accentuée au mois d'avril" , que "l'investissement est en berne", ou que "le taux de chômage atteint 8,1%, son plus haut niveau depuis cinq ans".

"Dans ce contexte, alourdir le coût du travail reviendrait à fragiliser encore les conditions de la croissance, de la souveraineté et de l'emploi. Le redressement des finances publiques est une nécessité, mais il ne peut pas se faire en frappant le travail, la production, la création de valeur ", écrivent les cinq présidents.

Ils redoutent "une double peine" pour les entreprises, "payer des salaires plus élevés et des cotisations patronales en hausse" : les entreprises ne peuvent être une variable d'ajustement des déséquilibres budgétaires, ajoutent-ils, soulignant, à un an de l'élection présidentielle, "la perception très négative qu'auraient les dirigeants d'entreprise" devant "un nouveau renchérissement du coût du travail".

Medef, CPME et U2P avaient déjà alerté sur ce sujet à l'occasion d'un conseil des entreprises à Bercy le 7 mai. L'AFEP, le lobby des très grandes entreprises, était signataire de leur déclaration commune, tandis que le Meti, qui représente les entreprises de taille intermédiaire, s'était aussi élevé contre la perspective d'un gel.