Décoration: l'enseigne Bouchara demande son redressement judiciaire, 541 salariés concernés information fournie par Boursorama avec AFP 21/01/2026 à 14:34
Les magasins de décoration Bouchara, connus pour leur linge de lit et textiles de maison, ont demandé mercredi au tribunal des activités économiques de Paris leur placement en redressement judiciaire, a fait savoir à l'AFP la direction.
Cette dernière, qui souhaiterait un repreneur, a justifié cette demande par "un environnement de marché durablement contraint", "une baisse des dépenses des ménages" et une concurrence qui s'intensifie, notamment de la part des "acteurs à bas prix et du e-commerce", sans citer nommément les géants asiatiques Shein et Temu.
Elle a dit souhaiter "protéger les emplois" de ses 541 salariés en CDI.
Bouchara dispose pour l'heure d'un réseau de 52 magasins en France métropolitaine, de Brest à La Rochelle en passant par Marseille ou Nice. Elle a estimé son chiffre d'affaires pour 2025 à 82,5 millions d'euros, en baisse de 8,6 millions par rapport à 2024.
Si le tribunal accepte ce placement en redressement judiciaire, s'ouvrirait alors une période d'observation de six mois pour l'entreprise en cessation de paiements, à l'issue de laquelle d'éventuels investisseurs pourraient formuler une offre de reprise pour tout ou une partie des magasins et des emplois.
Pendant cette période, les magasins resteront ouverts, assure la direction.
"Cette annonce brutale plonge les salariés dans une incertitude totale sur leur avenir professionnel", s'est inquiétée mercredi la Fédération CGT Commerce et Services dans un communiqué.
"Les travailleuses et travailleurs n'ont pas à faire les frais des choix et/ou des erreurs stratégiques du patronat", a-t-elle ajouté.
Pour expliquer ses difficultés, la direction de Bouchara a également avancé le ralentissement du marché immobilier.
Elle affirme avoir opéré en 2017 une "transformation de son modèle", qui s'est par exemple traduit par l'arrêt du prêt-à-porter et "une montée en gamme de l'offre".
"Malgré ces efforts structurels, l'enseigne demeure confrontée à des pertes récurrentes", a souligné la direction.
D'autres marques du secteur de la décoration et de l'ameublement se sont engagées dans des procédures collectives ces dernières années, dont des liquidations judiciaires, comme Habitat en décembre 2023 ou Casa France en juin 2025.