Décès d'Yvette Roudy, première ministre des "Droits de la femme"
information fournie par AFP 18/08/2026 à 19:09

Yvette Roudy, ancienne ministre socialiste des Droits des Femmes, le 27 décembre 2006 à Paris ( AFP / ERIC FEFERBERG )

Figure du féminisme, à l'origine notamment du remboursement de l'IVG, Yvette Roudy, première ministre des "Droits de la femme" sous François Mitterrand, qui laissa son nom à la loi sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, est décédée mardi à l'âge de 97 ans, a annoncé son neveu à l'AFP.

Yvette Roudy est morte mardi matin dans la résidence médicalisée où elle résidait depuis trois ans, à Cabestany (Pyrénées-Orientales), a précisé Jean-Pierre Saldou, son neveu.

Si Françoise Giroud avait auparavant été secrétaire d'État à la Condition féminine à partir de 1974, sous Valéry Giscard d'Estaing, Mme Roudy a été entre 1981 et 1986 la première titulaire d'un véritable ministère des "Droits de la femme", donnant à la cause des femmes une place sans précédent au sein de l'exécutif.

Durant son passage au gouvernement, la socialiste fit voter le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale et laissa son nom à la loi de 1983 sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Comme ministre, puis comme militante féministe, elle fut l'une des principales inspiratrices de la loi sur la parité de 2000 portée par le gouvernement de Lionel Jospin.

Dans un communiqué, l'Elysée a salué "la mémoire d'une pionnière, d'une grande figure du féminisme" qui a fait "entrer l'égalité au coeur de l'action gouvernementale".

"Jusqu’au bout, elle demeura une militante exigeante, libre et infatigable, convaincue que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis", a de son côté réagi dans un communiqué la ministre chargée de l'égalité femmes-hommes Aurore Bergé.

"Pionnière"

Son décès a suscité de nombreuses réactions à gauche, le parti socialiste rendant hommage à une ministre qui a "porté des avancées historiques" et "contribué à changer durablement la vie des femmes".

Yvette Roudy, alors ministre des Droits de la femme, assiste à un colloque sur le thème "Femmes et Avenir" à l'occasion de la Journée internationale des femmes, à Paris, le 8 mars 1984 ( AFP / Georges BENDRIHEM )

"Féministe, socialiste, femme de convictions et de combats, elle n’a jamais cessé de défendre ses idées", a tweeté l'ex-président socialiste François Hollande.

Il a rappelé qu'elle avait "fait reconnaître officiellement le 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en France".

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a rendu hommage à celle dont "la mémoire" doit "rester vivante comme symbole des militantes qui ont assuré l'éveil à la conscience féministe".

"Socialiste, féministe, universaliste, Yvette Roudy a été une pionnière", a également réagi sur X l'ancienne ministre socialiste des Droits des femmes et sénatrice Laurence Rossignol.

Pour Arthur Delaporte, député PS du Calvados où Mme Roudy occupa les mêmes fonctions jusqu'en 2002, Yvette Roudy a laissé une "empreinte politique importante" dans le département.

"Yvette s’employa sans relâche à faire évoluer les lois et les mentalités, en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, dans la perspective féministe universaliste qui aura toujours guidé son engagement", a salué, dans un communiqué, la Grande loge féminine de France, dont elle était membre.

Au-delà de ses succès, Yvette Roudy se heurta à de fortes résistances : sa proposition d’un quota d’au moins 25% des personnes de l’un ou l’autre sexe sur toutes les listes électorales a été censurée en 1983 par le Conseil constitutionnel qui l'a jugée discriminatoire.

Son projet de féminisation des noms de métier et de fonction a suscité de vives oppositions à l'époque également.

Mme Roudy est restée jusqu'aux dernières années de sa vie "très attentive au devenir des jeunes", a tenu à souligner auprès de l'AFP son neveu.

Ses obsèques seront célébrées le 26 août au cimetière du Montparnasse à Paris, a-t-il précisé.