De Tel-Aviv, le chef de la diplomatie française appelle Téhéran à "des concessions majeures" information fournie par AFP 20/03/2026 à 21:30
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite en Israël, a appelé vendredi Téhéran à des "concessions majeures", au 21e jour de la guerre israélo-américaine contre la République islamique.
"Quel que soit le résultat des opérations militaires en cours, il devra être complété par une solution politique produisant des effets durables", a déclaré M. Barrot lors d'un point presse à l'aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv, dont la tenue a été retardée à plusieurs reprises par des alertes aux missiles en provenance d'Iran.
"A cet égard, le régime iranien doit se résoudre à des concessions majeures et à un changement radical de posture permettant (...) la coexistence pacifique de l'Iran avec son environnement régional", a déclaré M. Barrot.
Il avait auparavant évoqué "la stabilité régionale et internationale, pour laquelle le programme nucléaire du régime iranien, son programme balistique et son soutien à des groupes terroristes armés dans toute la région constituent de longue date un ensemble de défis et de menaces."
"La stabilité de la région passe aussi par la mise en oeuvre du plan de paix présenté par les Etats-Unis d'Amérique à l'automne dernier pour Gaza: accès humanitaire sans entrave, désarmement du (mouvement islamiste palestinien) Hamas, restauration d'un horizon politique fondé sur la solution à deux États" (Israël et un Etat palestinien vivant en paix dans des frontières sûres et reconnues), a-t-il ajouté.
- "Opportunité historique" -
Mi-janvier, Washington avait annoncé le passage à la deuxième phase du plan du président Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque d'une ampleur sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.
Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif de Gaza, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
Jeudi, M. Barrot s'était rendu au Liban, où il a rencontré plusieurs dirigeants dont le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam. Il s'est ensuite entretenu vendredi à Jérusalem avec son homologue israélien, Gideon Saar.
Sur X, le chef de la diplomatie israélienne a dit avoir "longuement discuté de la guerre contre l'Iran, du Hezbollah" avec M. Barrot.
"J'ai également proposé que la France et l'UE (Union européenne) désignent l'organisation +Hezbollah+ dans son ensemble comme une organisation terroriste (...) comme plusieurs pays européens l'ont déjà fait", a affirmé M. Saar.
A ce jour, seule la branche armée du Hezbollah figure sur la liste des organisations terroristes établie par l'UE.
Selon M. Barrot, "pour sortir de la guerre, il faudra tôt ou tard négocier un accord". "L'exécutif libanais a marqué son ouverture (...) à des discussions directes" avec Israël, a-t-il poursuivi.
"C'est une opportunité historique que j'ai appelé mes interlocuteurs israéliens à saisir."