De retour d'Eswatini, le président taïwanais défend son "droit d'établir des liens avec le monde"
information fournie par AFP 05/05/2026 à 09:55

Le président taïwanais Lai Ching-te (d) et la vice-Première ministre d'Eswatini Thulisile Dladla (g) à l'aéroport international de Taoyuan, à Taïwan, le 5 mai 2026 ( AFP / I-Hwa Cheng )

Le président taïwanais Lai Ching-te a défendu pour son île "le droit d'établir des liens avec le monde", à son retour mardi d'un voyage en Eswatini, pays enclavé d'environ un million d'habitants et seul allié africain de Taipei.

"Les Taïwanais sont des citoyens du monde; les Taïwanais ont le droit d'établir des liens avec le monde", a déclaré M. Lai à la presse à l'aéroport de Taipei de retour d'une visite qui avait été initialement reportée.

Le président a voyagé avec l'avion du roi d'Eswatini et est arrivé dans le royaume samedi pour une réception officielle dans la capitale, Mbabane. Il devait initialement s'y rendre du 22 au 26 avril pour le 40e anniversaire de l'accession au trône du roi Mswati III et pour son 58e anniversaire.

Le voyage initial avait été reporté après la révocation des autorisations de vol du président taïwanais par les Seychelles, Maurice et Madagascar à la suite de "fortes pressions" de la Chine, d'après Taipei.

"Nous ne reculerons pas face aux pressions", a déclaré M. Lai, aux côtés de la vice-Première ministre d'Eswatini, Thulisile Dladla, qui l'a suivi de retour à Taïwan.

"Les visites réciproques entre chefs d'État devraient être la chose la plus normale qui soit, tout comme lorsque nous rendons visite à des amis, et elles constituent un droit fondamental pour chaque pays", a-t-il souligné.

L'Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland, fait partie des 12 pays dans le monde qui reconnaissent encore la souveraineté de Taïwan, tandis que la Chine a convaincu les autres de rompre leurs relations diplomatiques avec Taipei au profit de Pékin.

- "Campagne d'intimidation" -

La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et s'oppose à sa participation aux organisations internationales et aux échanges avec des pays tiers. Elle n'exclut pas de recourir à la force pour en prendre le contrôle.

Le ministère chinois des Affaires étrangères avait accusé samedi M. Lai de s'être livré à "une parodie d'évasion, façon passager clandestin", faisant de lui "la risée de la communauté internationale".

Les Etats-Unis ont dénoncé une "campagne d'intimidation" de Pékin après le report de la visite. Une remarque balayée par le ministère des Affaires étrangères chinois, qui a critiqué "des accusations sans fondement".

L'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, voisine de l'Afrique du Sud, est dirigé depuis 1986 par Mswati III, critiqué pour son train de vie fastueux et régulièrement accusé de violations des droits humains.

Depuis le 1er mai, la Chine applique une politique de "zéro tarif douanier" à tous les pays africains à l'exception de l'Eswatini, qui reste exclu de cette mesure annoncée l'an dernier.

Le dernier voyage à l'étranger du président Lai Ching-te remontait à novembre 2024, lorsqu'il s'était rendu chez les alliés de Taïwan dans le Pacifique, transitant par le territoire américain de Guam.