De plus en plus française, la compagnie Volotea capitalise sur les renoncements de ses concurrents information fournie par Boursorama avec AFP 16/01/2026 à 09:04
Alors que le trafic aérien intérieur végète en France, la compagnie espagnole Volotea s'y voit un avenir radieux, confortée dans sa stratégie de lignes transversales au moment où des concurrents "low-cost" abandonnent certaines positions.
Treize ans après son lancement, Volotea a transporté en 2025 11,3 millions de passagers, un chiffre stable, dont 7,2 millions en France (+7%), a expliqué jeudi Gilles Gosselin, son directeur France, lors d'un point presse.
Pour 2026, elle vise plus de huit millions dans l'Hexagone, plus du double de 2019, et dix millions sans doute "d'ici deux ou trois ans".
Ses deux autres grands marchés sont l'Espagne et l'Italie, a détaillé Volotea qui revendique le titre de "premier opérateur du réseau intérieur français" avec 74 lignes.
Cette année, la compagnie aura "29 avions basés en France sur 45 ou 46", tous des Airbus A319 et A320, a indiqué le PDG et fondateur, Carlos Muñoz.
Volotea entend répondre aux besoins de mobilité à partir de villes moyennes, en ciblant les agglomérations entre lesquelles les trajets en train dépassent quatre heures.
Nantes-Montpellier est ainsi sa ligne la plus fréquentée. Volotea relie aussi Brest à Strasbourg, Poitiers à Lyon, Lille à Toulon...
Titulaire de deux délégations de service public depuis Paris-Orly, donc subventionnées par l'Etat (vers Tarbes et Rodez), elle a développé plusieurs lignes vers la Corse et des destinations touristiques à l'étranger (Maghreb, Canaries, Baléares...)
En 2024, en nombre de passagers, elle pointait à la troisième place des transporteurs étrangers en France, derrière EasyJet et Ryanair.
Mais alors que ces deux compagnies ont récemment annoncé des réductions de fréquences et l'abandon de bases d'avions et d'équipages, notamment Toulouse pour EasyJet et Bordeaux pour Ryanair, Volotea poursuit son développement en France: elle vient d'ouvrir une base à Montpellier, sa onzième du pays, en attendant une douzième, non encore révélée.
Cet optimisme contraste aussi avec la situation du trafic intérieur français, qui a perdu un quart de son volume d'avant la crise du Covid-19 et chute encore d'année en année, une situation attribuée à la concurrence du train et des visioconférences.
Des compagnies aériennes et la Direction générale de l'aviation civile ont aussi affirmé que le secteur voyait son activité lestée par la récente hausse de la fiscalité sur les billets d'avion. Volotea a estimé que le prix moyen de ses billets avait mécaniquement crû de 4%, et reconnu que son rythme de croissance en serait affecté.