De plus en plus d'enfants non accompagnés empruntent des voies dangereuses pour rejoindre l'Europe, selon l'Onu information fournie par Reuters 07/10/2026 à 14:02
par Olivia Le Poidevin
Plus des deux tiers des enfants réfugiés et migrants qui ont rejoint l'Europe par les routes de la Méditerranée et des Balkans en 2025 étaient non accompagnés et bon nombre d'entre eux ont été victimes d'exploitation, selon un rapport publié mercredi par des agences des Nations Unies.
Le nombre total d'arrivées d'enfants par voie terrestre et maritime a baissé de 25% par rapport aux niveaux de 2024, mais la proportion de ceux voyageant seuls est passée de 51% cette année-là à 67% l'année dernière, selon ce rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), de l'agence de l'Onu pour les réfugiés (UNHCR) et de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance).
Sur les 31.100 enfants arrivés en 2025 dans des pays européens tels que la Bulgarie, Chypre, la Grèce, l'Italie, Malte et l'Espagne, plus de 20.000 ont été recensés comme non accompagnés ou séparés d'un parent ou d'un tuteur.
La pauvreté, les conflits et les risques environnementaux comptent parmi les raisons qui poussent les personnes à entreprendre de périlleuses traversées maritimes et la réduction des voies de migration sûres semble pousser davantage d'enfants à entreprendre des voyages dangereux, au risque de se livrer aux mains de passeurs, selon le rapport.
"Les enfants effectuent des voyages difficiles et dangereux sans la protection d'un parent ou d'un tuteur", déclare Amy Pope, directrice générale de l'OIM, citée dans le rapport.
"Ce rapport montre à quel point ils sont exposés à la violence et à l'exploitation lorsque les voies de migration sûres et régulières sont limitées et qu'ils doivent s'en remettre aux passeurs. Aucun enfant ne devrait avoir à affronter seul ces risques", a-t-elle ajouté.
Le nombre d'enfants concernés par les procédures de réinstallation des réfugiés en Europe est tombé à 3.400 en 2025, contre 8.900 l'année précédente, tandis que seuls 199 enfants - dont aucun n'était non accompagné - ont été rélocalisés entre pays européens dans le cadre du mécanisme de solidarité volontaire, soit une baisse de 67%.
Ce dispositif de l'Union européenne, lancé en 2022, permet aux pays accueillant un grand nombre de migrants et de demandeurs d'asile de relocaliser certains d’entre eux vers d'autres États du continent participants, sur une base volontaire.
Des entretiens menés auprès de plus de 4.600 jeunes âgés de 15 à 24 ans empruntant les routes de la Méditerranée, de l'Afrique de l'Ouest (côte atlantique) et des Balkans ont révélé que près de la moitié d'entre eux avaient subi des violences, notamment la torture et l'enlèvement pendant le transit et aux points de passage frontaliers. D’autres ont mentionné des cas de travail forcé.
La Libye était le pays le plus fréquemment cité comme lieu où ces exactions avaient eu lieu.
Environ un dixième des personnes interrogées ayant emprunté la route de la Méditerranée ont déclaré avoir obtenu de fausses promesses d'emplois bien rémunérés, de voyages en toute sécurité ou de documents de voyage en règle.
(Rédigé par Olivia Le Poidevin; Version française Rihab Latrache, édité par Benoit Van Overstraeten)