Dans un discours critique à Davos, Zelensky exhorte les Européens au "courage" information fournie par Reuters 22/01/2026 à 18:59
(Actualisé avec autres citations)
Le président ukrainien Volodimir Zelensky a pressé jeudi les Européens de faire preuve de "courage" face aux visées américaines, sur le Groenland notamment, dépeignant le continent comme un "kaléidoscope fragmenté de petits et moyens pouvoirs".
S'exprimant au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le dirigeant a livré un discours très pugnace et inhabituellement critique à l'égard des Européens, leur reprochant notamment un problème d'"état d'esprit".
"Au lieu de devenir une vraie puissance globale, l'Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances. Au lieu de prendre l'initiative dans la défense de la liberté dans le monde, particulièrement quand l'intérêt de l'Amérique se focalise ailleurs, l'Europe paraît perdue dans ses tentatives pour convaincre le président américain de changer", a-t-il déclaré.
Volodimir Zelensky a également flétri l'attitude des Européens dans le litige qui les oppose à Donald Trump sur le statut du Groenland, territoire autonome danois.
"Si vous envoyez 30 à 40 soldats au Groenland - A quoi bon ? Quel est le message ? Quel est le message à Poutine ? A la Chine ? Et plus important, quel message cela envoie-t-il au Danemark, celui qui compte le plus, votre proche allié ?", s'est interrogé le président ukrainien.
"L'Europe est encore en 'mode Groenland'. Peut-être (...) un jour (...) quelqu'un fera quelque chose".
Ne nous abîmons pas dans "les seconds rôles", a-t-il enjoint aux dirigeants européens.
"L'Europe a besoin d'être forte. Pour cela, nous devons agir ensemble - et agir au bon moment. Et par-dessus tout, nous devons avoir le courage d'agir", a martelé Volodimir Zelensky. "Sans action maintenant, il n'y a pas de lendemain. Finissons-en avec 'Le Jour sans fin'".
"Si l'Europe n'est pas perçue comme une force globale, si ses actions n'effrayent pas les méchants, alors l'Europe sera toujours dans la réaction - à la traîne des nouveaux dangers et attaques", a estimé le dirigeant ukrainien. "Quand on refuse d'aider les personnes qui se battent pour la paix, les conséquences s'ensuivent - et elles sont toujours négatives".
(Yuliia Dysa à Kyiv; version française Sophie Louet, édité par Kate Entringer et Jean Terzian)