Dans le Michigan, des voisins divisés à l'approche des élections américaines de mi-mandat information fournie par AFP 21/10/2026 à 09:45
Mike et Rich vivent à quelques mètres l'un de l'autre, dans une banlieue de Detroit, plus grande ville du Michigan. Mais cela n'empêche pas les deux voisins d'être profondément opposés politiquement à l'approche des élections de mi-mandat, dominées par le coût de la vie et la guerre en Iran.
Le 3 novembre prochain, ils devront choisir qui, du démocrate Abdul El-Sayed ou du républicain Mike Rogers, les représentera au Sénat, à Washington. Les sondages mettent le médecin issu de l'aile gauche du Parti démocrate et son opposant, ancien élu au Congrès, au coude-à-coude.
Mike, retraité de l'industrie automobile, comme il y en a des milliers dans cette région qui a vu prospérer les grands constructeurs américains, reproche à Donald Trump sa guerre au Moyen-Orient et sa répercussion sur les prix.
Si les républicains gagnent le Sénat, "cet homme va devenir fou", dit-il devant sa maison de Warren, en banlieue de Detroit. "C'est un mini gangster", lâche le résident de 67 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
En face, vit Rich Dimichele, onze ans de plus que Mike et ancien employé de la même entreprise.
"Je prie pour qu'Abdul (El-Sayed) ne gagne pas. Je ne voterai jamais pour lui", dit-il. Le 3 novembre, il glissera un bulletin pour Mike Rogers, candidat soutenu par Donald Trump.
"C'est un musulman, il déteste l'Amérique", continue le retraité, selon qui le démocrate ne saura pas protéger les États-Unis de ce qu'il considère être la menace iranienne.
Comme des milliers d'autres soldats, le fils de son voisin Mike est déployé au Moyen-Orient, où plusieurs Américains ont été tués depuis le début de l'offensive américano-israélienne, le 28 février.
"Je préfère que mes impôts servent aux familles en manque de soins médicaux, plutôt qu'ils aillent dans la poche d'un connard, comme c'est le cas actuellement. Qui paye pour ça ? Je paye à chaque fois que je vais faire les courses. A chaque fois que je vais chercher de l'essence", soupire Mike.
Quant à Rich Dimichele, il accuse les démocrates de négliger les électeurs âgés au profit des jeunes issus de l'immigration.
"Ils veulent que les sans papiers viennent ici pour voter", affirme-t-il.
"A quoi bon voter ?"
Les deux partis ont énormément dépensé en amont des élections de novembre. Des publicités agressives sont notamment diffusées sur les chaînes de télévision locales du Michigan, "swing state" qui, en 2024, a soutenu Donald Trump après avoir voté pour Joe Biden quatre ans auparavant.
Prospectus à la main, Maurice Starr, 32 ans, va de maison en maison pour convaincre les résidents de cette banlieue proprette de voter pour les démocrates que soutient le puissant syndicat des ouvriers de l'automobile dont il fait partie, le United Auto Workers.
"Je pense qu'à la dernière porte où j'ai frappé, et même celle d'avant, les gens ont le sentiment que le pays ne va pas dans la bonne direction", dit-il.
"Ils disent +à quoi bon voter ?+ (...) C'est pour ça que nous sommes ici. On espère gagner ces circonscriptions" qui votent habituellement pour les républicains, ajoute Maurice Sarr.
La guerre en Iran et la hausse des prix apparaissent comme les principales préoccupations des habitants de Warren qu'il a rencontrés, selon lui.
"Je vois le maigre pécule que je reçois fondre chaque mois, alors que les coûts des courses et de l'essence augmentent", confie l'une d'entre eux, Sue Adamski, 85 ans.
"Je ne suis pas fan de Trump. Je ne l'aimais pas il y a quinze ans. Et je ne l'aime toujours pas maintenant", dit-elle.