Dans la Fed de Warsh, des responsables n'excluaient pas une hausse des taux d'intérêt dès juin information fournie par AFP 08/07/2026 à 22:03
Une poignée de banquiers centraux américains ont envisagé une hausse immédiate des taux d'intérêt lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale (Fed) en juin, selon un compte-rendu de leurs débats publié mercredi.
Soucieux de la poussée inflationniste, "quelques" responsables ont souligné qu'un relèvement des taux directeurs pouvait être justifié mais se sont rangés derrière leurs collègues et ont voté en faveur du statu quo, est-il rapporté dans ce document, appelé "minutes".
Il est comme de coutume publié trois semaines après la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), qui était la première présidée par Kevin Warsh depuis qu'il a été nommé par Donald Trump.
M. Warsh avait rapporté que les responsables monétaires américains avaient eu "une bonne dispute de famille".
Il avait plus tôt émis le voeu de voir des débats animés, pas conventionnels ni corsetés.
Douze personnes en tout votent sur les taux d'intérêt, 19 donnent leur avis au cours de la réunion.
Le compte-rendu du huis-clos du FOMC "suggère qu'il reste véritablement divisé et indécis quant à la meilleure marche à suivre en matière de politique monétaire", a réagi Oliver Allen, économiste chez Pantheon Macroeconomics.
Le document retrace deux jours de discussions mais sans rapporter de propos directs entre guillemets ni désigner ceux ou celles qui les ont émis.
Les formulations sont générales, du type "nombre de participants ont remarqué que" ou encore "de nombreux autres ont néanmoins pointé que"...
Les membres du FOMC s'accordaient en juin à dire que l'inflation allait "rester élevée à court terme".
Flou volontaire
La Fed est chargée de fixer ses taux d'intérêt - qui guident les coûts d'emprunt - de manière à ce qu'un maximum d'Américains puissent avoir un travail dans un environnement peu inflationniste.
Kevin Warsh a été désigné par le président Donald Trump, qui ne cache pas attendre de lui des taux plus bas, ce qui lui a valu d'être décrit par l'opposition en "pantin" du chef de l'Etat.
Les conditions économiques ont vite mué entre sa nomination en début d'année et sa prise de fonction en mai: la guerre avec l'Iran, déclenchée par les Etats-Unis aux côtés d'Israël, a fait bondir l'inflation au plus haut depuis trois ans (à 4,1% en mai sur un an). A l'inverse, le marché du travail est apparu plus robuste qu'en 2025.
Plusieurs responsables monétaires américains ont dit publiquement faire de la lutte contre l'inflation une priorité, excluant toute détente des taux.
Kevin Warsh a posé pour principe de laisser les marchés dans le flou concernant les prochaines étapes, dans le but de se sentir plus libre de changer d'avis si besoin.
Les investisseurs restent toutefois sur leur faim et décortiquent chaque intervention publique.
Sa première participation à un forum de banquiers centraux, la semaine dernière, a ainsi donné lieu à des interprétations contrastées.
D'un côté, Kevin Warsh a été perçu comme un "faucon", c'est-à-dire focalisé sur l'inflation, en affirmant sans détour que les prix étaient "trop élevés".
Il s'est aussi adressé indirectement à ceux qui émettaient des doutes quant à sa crédibilité en raison de sa nomination par Donald Trump: il a affirmé qu'ils "seraient déçus" s'ils pensaient que la Fed tolérerait une inflation au-dessus de 2%.
En parallèle, le chef de la Fed a mis en avant le fait que la situation semblait s'améliorer en raison de la détente au Moyen-Orient - des propos tenus avant que les hostilités ne reprennent mardi soir, faisant remonter les cours du pétrole.
Les marchés financiers s'attendent à un resserrement monétaire dès la réunion de septembre pour apaiser l'inflation, selon l'outil de veille CME FedWatch.