Cuba autorise les entreprises mixtes entre l'Etat et le secteur privé information fournie par Boursorama avec AFP 04/03/2026 à 15:16
Le gouvernement cubain a adopté mardi un décret établissant un cadre juridique pour créer des entreprises mixtes entre entités étatiques et acteurs privés, une première sur l'île communiste.
Le décret-loi 114/2025, paru dans le Journal officiel, prévoit plusieurs mécanismes de collaboration entre secteur public et secteur privé, notamment la création de "sociétés à responsabilité limitée mixtes" avec apport de biens ou de patrimoine par les deux parties.
Selon le texte qui entrera en vigueur début avril, ces nouvelles entités bénéficient d'une "autonomie" entrepreneuriale, peuvent déterminer le nombre de leurs employés et leurs salaires. Elles peuvent également ouvrir des établissements commerciaux à Cuba et à l'étranger.
Ces entreprises mixtes Etat-privé peuvent exercer tous types d'activités, à l'exception des "prestations de service de santé, d'éducation et d'activités en relation avec les institutions de l'armée", précise le texte, qui indique qu'elles ne seront pas soumises au principe de planification étatique qui régit une bonne partie de l'économie cubaine.
Les petites et moyennes entreprises privées, jusqu'à 100 salariés, ont été de nouveau autorisées sur l'île en 2021, après avoir été interdites pendant près de six décennies au profit des entreprises d'Etat.
Face aux difficultés du gouvernement pour obtenir des devises dans un contexte de crise sans précédent en raison du renforcement de l'embargo américain, de la chute du tourisme, de l'échec d'une réforme monétaire et de faiblesses structurelles des entreprises étatiques, le secteur privé a gagné du terrain dans le tissu économique ces dernières années.
En 2025, les près de 10.000 entreprises privées du pays ont représenté 15% du PIB et employaient plus de 30% de la population active. Cette même année, les ventes au détail effectuées par le secteur privé ont dépassé pour la première fois l'offre de l'Etat, représentant 55% de ce commerce.
Dans ce contexte, Washington, qui impose un blocus énergétique de facto à La Havane et n'a pas caché son intention de voir un changement de régime à Cuba, a autorisé la vente de carburant à des entreprises privées de l'île, à la condition que les transactions ne profitent pas au pouvoir cubain.