Crues: rentrée scolaire quasi "normale", lente décrue dans l'Ouest encore en rouge
information fournie par AFP 23/02/2026 à 12:39

Un habitant nettoie la boue amassé sur le sol d'une maison lors des inondations à La Réole, près de Bordeaux, le 23 février 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

La vigilance reste rouge dans trois départements, mais une lente décrue se confirme dans l'ouest de la France, où les écoliers de la zone A ont pu effectuer une rentrée presque "normale" lundi après les vacances d'hiver.

La Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent jusqu'à mardi au niveau maximal de vigilance, et deux autres départements de l'Ouest - la Sarthe et la Charente - sont maintenus en orange par Météo-France, la Vendée étant repassée en jaune.

"Aux abords des cours d'eau placés en vigilance orange ou rouge, le risque inondation est encore bien présent, des débordements importants à majeurs sont encore observés et perdureront encore au moins 24H00", prévient Vigicrues dans son bulletin de lundi matin.

En Nouvelle-Aquitaine, la rentrée scolaire s'annonçait très peu perturbée en Gironde, où l'académie recensait "zéro école les pieds dans l'eau", et dans le Lot-et-Garonne, où les élèves de deux établissements inondés ont été transférés dans des communes voisines, selon le rectorat, mais elle a pris une tournure inhabituelle à Courcoury, en Charente-Maritime.

- Transport scolaire assuré par la gendarmerie -

Dans cette commune de 730 habitants cernée par les eaux, le ramassage scolaire a été assuré lundi matin par trois 4x4 de la gendarmerie, habituellement dédiés au transport de troupes. Toute la semaine, ils vont acheminer hors des routes inondées les collégiens et lycéens vers leurs bus habituels.

"C'est une sacrée aventure!", témoigne Anne-Laure, une mère d'une élève scolarisée à Pons, à moins de 20 km de Courcoury. "On se lève plus tôt mais malgré tout, on garde le sourire. Nos maisons ne sont pas inondées, c'est déjà une chance", ajoute cette soignante, de 40 ans.

"C'est drôle, je trouve ça bien ce moyen de transport", commente Mathéo, 12 ans.

"C'est tout de même beaucoup mieux au niveau sécuritaire", s'est félicité le maire, Eric Bigot, face à une "crue exceptionnelle cette année".

Des passants longent une rue inondée sur une passerelle de fortune, le 21 février 2026 à Saintes ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Juste à côté, à Saintes, la rentrée a tourné au "sacré bordel, car la circulation est très compliquée", a indiqué Bruno Drapron, maire de cette ville où trois écoles étaient fermées, car difficiles d'accès. Les élèves ont été répartis dans d'autres classes.

Dans cette commune de 25.000 habitants habituée aux crues, où 1.380 maisons sont inondées, "la problématique la plus contraignante ce sont les coupures d'électricité", ajoute l'élu. "L'eau doit baisser de 40 cm pour qu'il y ait des retours d’électricité massifs", mais "la véritable décrue n'est pas attendue avant mercredi ou jeudi", selon lui.

- "Anticiper" la suite -

La Croix-Rouge a déployé trois bateaux pour "soutenir les sinistrés à leur domicile en leur apportant un repas, une batterie externe, des médicaments ou tout simplement du soutien moral en discutant", a précisé son référent communication pour la Charente-Maritime, Samuel Saint-Maxent.

"C'est la première fois en France que notre brigade nautique est mise à disposition dans le cadre d'un événement climatique", a-t-il souligné.

Plus au nord, dans le Maine-et-Loire, le maire des Ponts-de-Cé, près d'Angers, se réjouit d'une décrue "lente mais réelle". La Loire devrait descendre de 20 à 30 cm par 24 heures. C'est un bon signe, avec une météo qui arrive à se stabiliser", a ajouté Jean-Paul Paville, "qui commence à anticiper la gestion des déchets et l'accompagnement des personnes pour vider les terrains et les maisons, les aider aussi pour les démarches auprès des assurances si besoin".

Un habitant de Meilhan-sur-Garonne devant sa maison lors d'une crue de la Garonne, le 22 février 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )

L'eau commence aussi à baisser à Angers, où le record de la crue de 1982 a été égalé, selon Vigicrues. Dans un quartier où les passerelles montées sur parpaings permettent aux riverains de marcher les pieds au sec, une pizzeria a distribué gratuitement à manger aux habitants sinistrés dimanche. "On ne pouvait pas travailler mais on avait la marchandise", explique à l'AFP le gérant, Dimitri Gassanov, en montrant les 50 cm d'eau dans son établissement.

A Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire), où une digue menace toujours de céder, l'ordre d'évacuation pour les 300 personnes concernées reste en vigueur. Mais "la protection civile est partie et les centres d'hébergement d'urgence ont fermé" lundi matin, tous les habitants ayant trouvé à se reloger ailleurs, déclare le maire de la commune Philippe Maillart

Une route inondée par la Maine à Angers, le 22 février 2026 ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

Selon les scientifiques du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l'évolution du climat, ce qui augmentera les inondations au niveau local.

L'imperméabilisation des sols et la suppression des haies, fossés, zones humides, pour privilégier les grandes cultures agricoles, peuvent en outre aggraver leurs conséquences.