Corée du Nord: l'influente soeur de Kim Jong Un promue par le parti
information fournie par AFP 24/02/2026 à 02:27

Kim Yo Jong, la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, assiste à une réception dans le Grand Palais du Peuple à Pékin après un défilé militaire marquant le 80e anniversaire de la victoire sur le Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 3 septembre 2025 ( AFP / Jade Gao )

L'influente Kim Yo Jong, soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a été promue par le parti au pouvoir lors d'un congrès quinquennal crucial, a indiqué mardi un média d'Etat.

Le Comité central du Parti des travailleurs a nommé lundi Kim Yo Jong — auparavant directrice adjointe de département — directrice à part entière de département, a annoncé l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), organe officiel de Pyongyang.

Kim Jong Un a, lui, été réélu dimanche à l'unanimité par le parti au poste suprême de secrétaire général, avaient rapporté lundi les médias officiels.

Des milliers de cadres du parti ont afflué vers la capitale, Pyongyang, pour le sommet quinquennal du Parti des travailleurs au pouvoir, un rassemblement qui oriente l'action de l'Etat dans tous les domaines, de la diplomatie à la planification de la guerre.

Ce congrès offre un rare aperçu du fonctionnement politique de la Corée du Nord recluse. Il est largement considéré comme une tribune permettant à Kim d'afficher sa mainmise sur le pouvoir.

Le congrès, qui se tient en principe tous les cinq ans, a démarré le 19 février et doit se poursuivre pour une durée indéterminée.

Une photo prise le 20 février 2026 et diffusée le 21 février 2026 par l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA) montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (centre) présenter un rapport sur les activités du 8e Comité central du Parti du travail de Corée lors de la deuxième journée du 9e Congrès du parti à Pyongyang ( KCNA VIA KNS / STR )

Kim Yo Jong compte depuis longtemps parmi les plus proches lieutenants de son frère et est l'une des femmes les plus influentes dans les sphères du pouvoir nord-coréen.

Née à la fin des années 1980, selon le gouvernement sud-coréen, elle est l'un des trois enfants nés du père de Kim et prédécesseur, Kim Jong Il, et de sa troisième compagne connue, l'ancienne danseuse Ko Yong Hui.

Elle a été scolarisée en Suisse aux côtés de son frère et a gravi rapidement les échelons après qu'il a hérité du pouvoir à la mort de leur père, en 2011.

En 2018, elle s'est rendue en Corée du Sud pour les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, durant une période de rapprochement intercoréen. Pyongyang utilise également fréquemment son nom pour publier des déclarations exposant ses positions ou critiquant le Sud et les Etats-Unis.

- Héritière -

C'est la neuvième fois seulement que le Parti des travailleurs se réunit en congrès depuis le début du règne de la famille Kim sur le pays. Ces congrès avaient été abandonnés sous Kim Jong Il, mais ils ont été relancés à l'arrivée de son fils au pouvoir en 2016.

Lors de ce congrès, le rôle donné à la fille adolescente du dirigeant, Ju Ae, qui apparaît comme son héritière potentielle, selon le renseignement sud-coréen, est particulièrement scruté.

Lors du précédent congrès il y a cinq ans, le dirigeant avait déclaré que les Etats-Unis étaient le "plus grand ennemi" de la nation.

Les observateurs se demandent si Kim Jong Un va profiter de ce congrès pour adoucir cette position ou, au contraire, la durcir. Le président américain Donald Trump avait courtisé Pyongyang lors d'une tournée en Asie l'an dernier, affirmant qu’il était "ouvert à 100%" à une rencontre avec Kim Jong Un. Mais ce dernier a jusqu'à présent largement évité la reprise d’un dialogue de haut niveau.

Kim Jong Un devrait dévoiler la prochaine phase du programme d'armement nucléaire de la Corée du Nord au cours de ce congrès qui doit durer plusieurs jours.

Depuis des décennies, le pouvoir nord-coréen donne la priorité au développement des capacités militaires au détriment des autres secteurs. Le coûteux programme nucléaire nord-coréen, caractérisé par six essais atomiques entre 2006 et 2017 et par la mise au point de missiles balistiques intercontinentaux, est considéré par le régime comme une assurance-vie face aux velléités d'invasion prêtées aux Etats-Unis et à ses alliés sud-coréen et japonais.

Le pays est par ailleurs économiquement étranglé par les sanctions internationales infligées en raison de ses programmes d'armes atomiques et de missiles interdits.