Contrôles des Terres rares par Pékin : les entreprises européennes ont pris conscience des risques posés par la politique chinoise, selon un rapport
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/04/2026 à 10:16

"Il y a désormais une prise de conscience que le nouveau dispositif chinois de contrôle des exportations représente un risque commercial durable, étant donné que la possibilité d'exporter tel ou tel produit peut être supprimée à tout moment", selon la Chambre de commerce de l'UE.

( AFP / THIERRY CHARLIER )

La politique de contrôle strict des exportations de terres rares par la Chine représente un risque commercial et un défi pour les activités des entreprises européennes installée dans le pays, a averti mardi 14 avril la Chambre de commerce de l'Union européenne (UE).

La Chine domine l'industrie mondiale des terres rares. Ces métaux sont essentiels à une large gamme de produits, des smartphones aux éoliennes, en passant par les équipements de défense . Le géant asiatique a exploité cette position de force l'an dernier. Ses restrictions à l'exportation ont d'abord envoyé une onde de choc dans les chaînes d'approvisionnement, ce qui a contribué à obtenir une trêve commerciale avec Washington.

Mais les procédures d'autorisation actuelles posent problème à de nombreuses entreprises étrangères cherchant à s'approvisionner en terres rares, selon un rapport publié mardi. "Dans bien des cas, le processus de délivrance des licences reste lent, imprévisible, non coordonné et manque de transparence ", a indiqué mardi la Chambre de commerce de l'UE en Chine dans un rapport.

"Il y a désormais une prise de conscience que le nouveau dispositif chinois de contrôle des exportations représente un risque commercial durable, étant donné que la possibilité d'exporter tel ou tel produit peut être supprimée à tout moment pour des raisons politiques, plutôt que sécuritaires", a-t-elle indiqué.

Révision en profondeur des stratégies

Au-delà des lourdeurs administratives, ces restrictions poussent de nombreuses entreprises européennes à revoir en profondeur leur stratégie, a affirmé Jens Eskelund, président de la Chambre, lors d'une conférence de presse préalable à la publication du rapport.

De nombreuses entreprises européennes ont été "prises au dépourvu" l'an passé lorsque leurs activités ont buté sur les difficultés entraînées par la guerre commerciale Chine-États-Unis, a-t-il ajouté.

On assiste désormais selon lui à un "profond changement d'état d'esprit" , où les compagnies de l'UE ne peuvent plus partir du principe que leurs fournisseurs chinois les approvisionneront quoi qu'il arrive. Entreprises et pays cherchent désormais à "se doter d'un plan B", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'à un moment donné, cela se traduira par un impact économique réel et mesurable", a indiqué Jens Eskelund.

Les terres rares devraient être au cœur des discussions lors de la rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, prévue mi-mai à Pékin. Mais même en cas d'accord sino-américain sur ces métaux critiques, Jens Eskelund estime que Pékin continuera à utiliser les restrictions à l'exportation pour régler ses différends internationaux. "Je ne les vois pas y renoncer", affirme-t-il.