Congrès du RN à Orléans : inquiétudes autour de la sécurité, des débordements redoutés
information fournie par AFP 20/10/2026 à 15:01

Marine Le Pen le 12 octobre 2026 à Moissac ( AFP / Lionel BONAVENTURE )

Avant son congrès prévu ce week-end à Orléans, le Rassemblement national a interpellé mardi l'État sur la sécurité de l'événement, face aux contre-manifestations annoncées, une préoccupation également partagée par le maire et les commerçants, marqués par les violences du 17 octobre.

L'événement, qui doit officiellement lancer la campagne présidentielle du Rassemblement national, doit accueillir 5.000 militants le samedi et le double le dimanche, selon un responsable local du parti. Le vice-président du RN, Sébastien Chenu, a ainsi déclaré sur France 2 attendre que les autorités "sécurisent" l'événement.

En parallèle, une cinquantaine d'organisations ont lancé un appel à la contre-mobilisation et 10.000 à 15.000 personnes sont attendues, selon plusieurs sources policières contactées par l'AFP.

"Il y a visiblement des +antifas+ qui menacent de venir dans Orléans", a assuré Sébastien Chenu, assurant que le RN ne "souhaite pas annuler" son congrès.

Il a indiqué que le député RN du Gard Yoann Gillet soulèverait ce sujet mardi après-midi lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Le parti ne va pas "se laisser impressionner", a également assuré le député Jean-Philippe Tanguy sur BFMTV/RMC.

Dès samedi, une grosse manifestation est prévue à 10H30 au départ du parvis de la cathédrale et devrait rassembler plusieurs milliers de participants contre "le racisme, le fascisme et l'impérialisme".

"Village antifasciste"

Un "village antifasciste", comprenant des stands associatifs et des ateliers, doit également être organisé de 13H00 à 22H00.

Plusieurs personnalités y sont attendues, dont le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

"Nous refusons la haine, le racisme, les divisions et le repli identitaire", a affirmé la Ligue des droits de l'Homme (LDH), invitant "toutes celles et ceux qui veulent croire en la solidarité, la justice sociale et la démocratie" à venir "échanger, débattre et faire la fête".

Des rassemblements non déclarés pourraient également se tenir dimanche, a indiqué l'une des sources policières, qui craint un week-end "animé".

Le maire d'Orléans, Serge Grouard (DVD), s'est dit "inquiet", dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

"Des rassemblements sont prévus le week-end prochain, et notamment de l'ultragauche. Orléans ne doit pas être ce qu'on a vu à Paris, Marseille ou Rennes", a-t-il poursuivi, évoquant les importantes violences et dégradations en marge des mobilisations du 17 octobre contre la vie chère.

M. Grouard a demandé que "l'État prenne ses responsabilités".

Côté commerçants, encore marqués par les violences des derniers jours, et même si Orléans n'a pas connu des dégâts aussi importants que dans d'autres grandes villes, l'inquiétude est aussi palpable.

"Des groupes ultra-violents, des casseurs et des pilleurs pourraient venir dans nos rues pour y semer le désordre et reproduire les images que nous avons vues", s'est inquiété Alban Liger, vice-président des Vitrines d'Orléans, association de commerçants du centre-ville.

"Message clair"

"Serez-vous présents samedi, à nos côtés, pour nous aider à protéger nos commerces en cas de débordements ? Moi, oui, je le serai !", a-t-il demandé dans une lettre adressée aux élus de la ville, indiquant attendre "un message clair et sans ambiguïté sur les enjeux du week-end prochain, adressé en particulier à ceux qui seraient tentés de venir à Orléans pour casser et piller".

Une autre source policière a reconnu "une forme d'inquiétude" tout en assurant que "les moyens seront mis", alors qu'un "acte II" des mobilisations des gilets jaunes a également été annoncé pour samedi.

Contactées par l'AFP, la municipalité d'Orléans et la préfecture du Loiret ont indiqué que le travail de coordination se poursuivait autour de cet événement.

Une réunion entre les divers acteurs concernés s'est tenue mardi en fin de matinée. Des "mesures de restriction" pourraient être prises, selon la mairie.