Congés de naissance et droits des parents : que font nos voisins européens ? information fournie par Boursorama avec Media Services 29/06/2026 à 08:43
Le congé de naissance que la France instaure le 1er juillet, en plus des congés maternité, paternité et parental, prend place dans un paysage européen déjà bien fourni et encadré. Tour d'horizon européen, non exhaustif, des droits pour les parents à la naissance ou à l'adoption d'un enfant.
L'UE fixe des règles minimales
L'Union européenne fixe des "normes minimales" pour trois types de congés dits "familiaux": le congé de maternité destiné aux mères au moment d'une naissance ou adoption, le congé de paternité qui s'adresse au père ou second parent d'un nouvel enfant et le congé parental destiné aux deux parents et qui vise à mieux concilier arrivée d'un enfant avec vie professionnelle et à favoriser l'égalité hommes-femmes.
Pour le congé maternité, le droit de base européen prévoit une période de congé ininterrompue d'au moins 14 semaines avant et/ou après la naissance/adoption. Sur ce total, deux semaines minimum doivent être obligatoirement prises.
Pour le congé de paternité, le droit minimum européen est de dix jours ouvrables à prendre autour de la naissance.
Quatre mois minimum pour le congé parental
Concernant le congé parental, le droit européen prévoit un minimum de quatre mois pour l'un et l'autre des deux parents, dont au moins deux mois ne sont pas transférables entre parents. Ces deux mois non transférables doivent faire l'objet d'une rémunération, stipule l'UE, mais selon des modalités décidées au niveau national.
D'après la législation européenne, le congé parental peut être pris à tout moment jusqu'aux huit ans de l'enfant, mais cette limite d'âge peut être abaissée par les pays membres.
A titre d'exemple: en France, le congé parental est d'une durée d'un an renouvelable, peut être pris jusqu'aux trois ans de l'enfant (dans le cas d'un enfant unique) et est indemnisé à hauteur d'environ 450 euros par mois.
Congé de naissance: pas d'équivalent strict
Le nouveau "congé supplémentaire de naissance" instauré en France, indemnisé et d'une durée d'un ou deux mois, n'a pas d'équivalent au sens strict en Europe.
Par le fait qu'il s'adresse aux deux parents et qu'il est indemnisé, il s'apparente à un congé parental court, pris rapidement après une naissance. Il offre aussi des similitudes avec le cas particulier du congé maternité et paternité égalitaire de l'Espagne.
Suède égalitaire sur le papier
En Suède, le congé parental est d'une durée totale de 480 jours, soit environ 16 mois, et a la particularité d'être partagé à égalité entre le père et la mère.
Chacun dispose d'environ huit mois, dont cinq sont transférables à l'autre parent. Ce droit s'ajoute aux 14 semaines du congé maternité et 10 jours du congé paternité.
Mais les femmes continuent de prendre bien plus de congé parental que leurs conjoints. D'après l'office suédois des statistiques SCB, les femmes représentent plus des deux-tiers des bénéficiaires. Mais ce niveau baisse: en 2023, 31% des personnes touchant ces allocations parentales étaient des hommes contre 12% en 2000.
Incitation en Allemagne
En Allemagne, les parents ont droit à 12 mois de congé parental, jusqu'aux 3 ans de l'enfant. Pour inciter les pères à se saisir de ce droit, le congé parental est porté à 14 mois si les deux parents se le partagent.
Ce congé qui s'ajoute pour la mère au congé maternité (14 semaines) est rémunéré aux deux-tiers du salaire, dans la limite de 1.800 euros par mois et avec un minimum de 300 euros mensuel.
Congés rallongés en Espagne
En Espagne, le congé parental peut durer jusqu'à 3 ans, ce qui en fait l'un des plus longs d'Europe, mais il n'est pas rémunéré.
Ce régime peu attractif est compensé par un congé paternité exceptionnellement long, d'une durée égale à celle du congé maternité depuis 2021.
Ces deux congés maternité et paternité, rémunérés à 100%, ont été rallongés courant 2025, de trois semaines, pour être portés à 19 semaines chacun, dans le but de relancer la natalité, parmi les plus faibles en Europe.