Complicité de crimes contre l'humanité: les investigations sur l'eurodéputé RN Fabrice Leggeri officiellement lancées
information fournie par AFP 13/05/2026 à 11:47

L'eurodéputé RN Fabrice Leggeri à Paris le 14 septembre 2024 ( AFP / Ludovic MARIN )

Les investigations visant l'ancien patron de Frontex et actuel eurodéputé RN Fabrice Leggeri, accusé de complicité de crimes contre l'humanité, sont officiellement lancées au tribunal judiciaire de Paris, a appris mercredi l'AFP de sources proches du dossier.

Cette ouverture d'information judiciaire avait été ordonnée sur décision de la cour d'appel de Paris, après un long parcours procédural, comme l'avait révélé l'AFP fin mars.

Fabrice Leggeri est accusé par des associations de complicité de crimes contre l'humanité et de torture pour avoir mené, selon les termes de leur avocat, Me Emmanuel Daoud, une "chasse aux migrants" dans le cadre de ses anciennes fonctions.

Le lancement des investigations est "mécanique", "puisque la chambre de l'instruction l'a ordonné", a réagi auprès de l'AFP la défense de Fabrice Leggeri. "Nous avions appris la décision de la cour d'appel par la presse et attendons de voir ce que donnera l'information judiciaire avant de nous exprimer".

M. Leggeri dirigeait l'agence de l'Union européenne chargée du contrôle des frontières entre janvier 2015 et avril 2022. En 2024, il a été l'une des prises du Rassemblement national (RN), en rejoignant le parti d'extrême droite comme numéro 3 de sa liste aux élections européennes.

L'eurodéputé RN Fabrice Leggeri à Paris le 29 février 2024 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

A la tête de Frontex, il a régulièrement été accusé par les ONG de tolérer des refoulements illégaux de migrants, s'imposant comme un défenseur de l'imperméabilité des frontières européennes.

Une plainte avait été déposée en 2024 par la Ligue des droits de l'homme et Utopia 56. Mais celle-ci avait été considérée irrecevable par le Parquet national antiterroriste (Pnat), compétent en matière de crimes contre l'humanité, puis par un juge d'instruction.

Toutefois, en mars 2026, la chambre de l'instruction a dit "y avoir lieu à informer sur les faits tels qu'ils résultent de la plainte avec constitution de partie civile de la LDH (Ligue des droits de l'homme)", précisait à l'AFP en mars une source judiciaire.

Cette plainte accuse M. Leggeri d'avoir "encouragé" ses agents à faciliter les interceptions d'embarcations de migrants par les autorités libyennes et grecques. Elle lui reproche d'avoir "fait le choix d'une politique visant à faire obstacle, quel qu'en soit le prix – en vies humaines notamment – à l'entrée des personnes migrantes au sein de l'UE".