Comment structurer votre patrimoine pour travailler moins à partir de 50 ans ?
information fournie par BoursoBank 01/04/2026 à 13:28

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Première étape : faire le point sur vos besoins financiers. Votre niveau de vie va déterminer le montant de capital à atteindre pour réaliser ce projet.  Pour ce faire, il vous faut calculer précisément vos dépenses actuelles et estimer vos besoins futurs.

Les dépenses mensuelles comme les dépenses exceptionnelles doivent être prises en compte. La composition de votre foyer, votre lieu de résidence, vos goûts sont autant de paramètres à prendre en compte. Les besoins financiers d'un Parisien de 50 ans avec des enfants en âge scolaire louant son appartement et passant ses vacances dans sa maison de famille différeront de ceux d'un célibataire, propriétaire de sa résidence à Bordeaux, amateur de grands crus et de voyages aux quatre coins du globe.

Déterminez le capital dont vous avez besoin

Une fois vos besoins financiers annuels estimés, vous devez calculer le montant de capital dont vous devez disposer. Le niveau de capital requis dépendra directement du niveau de rente souhaité. Pour cette rente, vous devez idéalement pouvoir tabler sur des revenus passifs, c'est-à-dire des flux financiers réguliers générés par des investissements ou des activités ne nécessitant pas une implication quotidienne une fois mis en place. Il peut s'agir de loyers, fruits d'un ou de plusieurs investissements locatifs, de dividendes provenant de placements en bourse déjà effectués. Il vous reste à calculer le montant total de vos revenus à percevoir régulièrement. Si vous avez estimé vos besoins mensuels à 8000 euros et si vous souhaitez baisser votre activité de 25%, il faut un capital suffisant pour générer 2000 euros de revenus mensuels. Avec une hypothèse de rendement net de 5%, il vous faut envisager de constituer un capital minimum de 480 000 euros.

La bonne stratégie à mettre en place

L'atteinte d'un capital cible sera plus rapide si votre taux d'épargne est élevé. L'idéal consiste à lisser votre effort d'épargne par des prélèvements automatiques en panachant plusieurs supports d'épargne. Attention à votre appétence pour le risque, un rendement net de 5% nécessite d'opter pour des placements présentant une certaine volatilité comme les actions. Dans vos calculs prévisionnels, votre allocation d'actifs joue un rôle stratégique. Si votre capital financier comporte une part majoritaire d'actions, cette allocation d'actifs contribue à pérenniser votre capital. En effet, à long terme les actions surperforment, rappelle une étude de l'Institut d'Épargne Immobilière et Foncière (l'IEIF) publiée en mai 2025. En revanche, ce choix s'accompagne d'une certaine volatilité. Les actions sont en effet des actifs réputés volatiles, avec des baisses ou des hausses pouvant être supérieures à 20% ou 30% en une année pour les actions cotées. Vous devez intégrer ce facteur dans votre stratégie de placement. Effectuer ce type de placements sur un horizon de long terme permet de lisser le risque de volatilité.

Focus sur le taux de retrait sécurisé (safe withdrawal rate)

Autre élément stratégique à prendre en compte : le taux de retrait sécurisé ou safe withdrawal rate (SWR). Il correspond à un ratio, correspondant au montant du retrait mensuel / montant des actifs que vous pensez pouvoir retirer de votre investissement sans risquer d'épuiser vos ressources financières. La consommation du capital par vos retraits peut être compensée par sa progressive valorisation. Les taux de retraits optimaux varient suivant les spécialistes entre 2% et 5%. On cite souvent la règle prudente de 4%, inspirée d'une étude datée de 1978. Elle a précisé le concept de SWR, la Trinity Study. Ainsi avec un SWR de 4%, si vous prévoyez de retirer 1200 euros chaque mois pendant 30 ans, il vous faut prévoir un capital de 360 000 euros. Vos retraits peuvent varier d'un mois à l'autre ou d'une année à l'autre, en fonction des évolutions de votre vie quotidienne, vacances à financer, charges exceptionnelles de copropriété… Soyez prévoyants également. En effet, beaucoup d'éléments externes vont venir interférer : crises économique, géopolitiques, inflation, pénuries… autant de paramètres pouvant augmenter vos besoins financiers et diminuer les revenus de votre épargne. Ces années-là, il faut idéalement pouvoir diminuer les retraits, en puisant par exemple dans votre épargne de précaution, quitte à augmenter vos retraits, lors d'années plus favorables et reconstituer ainsi votre épargne.

Quels produits stratégiques ? Injectez de l'immobilier dans votre patrimoine

Pensez à diversifier vos placements. L'adage bien connu en gestion de patrimoine : il ne faut pas placer tous ses œufs dans le même panier, garde toute son actualité en 2026. Premier réflexe : privilégier l'immobilier, un placement réputé sécuritaire. Cependant, un placement locatif peut se révéler chronophage, notamment afin d'éviter toute vacance locative. De plus, les coûts de détention sont souvent mésestimés (frais d'entretien et de rénovation, la fiscalité avec la taxe foncière, l'impôt sur le revenu pour les propriétaires-bailleurs et l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les détenteurs d'un important patrimoine immobilier. L'alternative de la pierre-papier peut s'avérer judicieuse. Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) ayant pour objet exclusif l'acquisition et la gestion d'un patrimoine immobilier locatif. Les loyers issus de ce portefeuille de biens immobiliers génèrent des revenus reversés aux porteurs de parts de la SCPI, souvent qualifiés de dividendes.

Bon à savoir

Vous pouvez privilégier un investissement en démembrement de propriété. En achetant à crédit la nue-propriété de parts de SCPI, avec une période de démembrement temporaire, vous vous assurez de retrouver la pleine propriété de vos actifs à l'extinction de l'usufruit. Vous pourrez ainsi profiter de leurs rémunérations au moment où cela vous sera le plus utile. En revanche, pendant la période de démembrement, la nue-propriété ne servant aucun revenu, cela n'alourdit pas votre fiscalité.

Quelle place pour l'assurance-vie ?

Pour vos actifs financiers, pensez à l'assurance-vie. Vous pouvez investir en fonds euros, ainsi sécuriser votre capital. Vous pouvez également choisir dans la vaste palette des unités de compte : actions françaises, américaines, européennes, trackers, produits structurés, fonds thématiques, private equity… Il est possible de booster la performance de votre capital en acceptant un risque de perte en capital.

Bon à savoir

BoursoFirst vous offre l'accès à un contrat d'assurance-vie luxembourgeois accessible à partir de 150 000 euros, comptant près de 4 000 supports d'investissement. Le Luxembourg est l'une des places mondiales majeures de la finance et de l'assurance. Ses contrats d'assurance-vie attirent les épargnants français pour leur sécurité et la neutralité fiscale qui leur est attachée.

Une option à considérer : réduire vos charges en investissant dans votre résidence principale

Autre alternative à la constitution d'un capital financier, revoir vos charges et dépenses. Bien sûr, il n'est pas question de réduire votre niveau de vie. Toutefois, pour les locataires de leur résidence principale, la part du loyer dans leur budget peut peser lourd. En quatre ans, la part du loyer dans le budget des ménages français n'a cessé d'augmenter, pour atteindre 34,8% en 2021, souligne une étude du gestionnaire d'immeuble MANDA de novembre 2025. En envisageant d'investir dans un bien immobilier suffisamment en amont, il est possible d'éviter de vous acquitter d'un loyer mensuel à votre cinquantième anniversaire. Les propriétaires de leur résidence principale peuvent envisager l'achat d'une résidence secondaire ou réaliser un investissement locatif en vue de vous procurer des revenus. La souscription en amont d'un prêt immobilier peut fonctionner à cet égard comme un levier de financement.

Focus sur les erreurs à éviter

Attention aux erreurs à éviter quand on se lance dans ce type de projet :

Patrimoine insuffisamment diversifié, que ce soit en termes d'actifs, de marché, de zones géographiques, de secteur…,

Charges, notamment fiscales sous-estimées, par exemple, l'impact croissant de la taxe foncière sur un investissement locatif,

Se focaliser uniquement sur le rendement en oubliant les autres critères : liquidité, transmission, protection du conjoint…


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