Clôture des voeux Parcoursup: une épreuve stressante pour les élèves… et leurs parents
information fournie par AFP 12/03/2026 à 08:21

Les élèves de Terminale et les étudiants en réorientation ont jusqu'à jeudi minuit pour soumettre leurs choix de formations sur Parcoursup ( AFP / Anna KURTH )

Tic tac: les élèves de Terminale et les étudiants en réorientation ont jusqu'à jeudi minuit pour soumettre leurs choix de formations sur la plateforme d'inscription post-bac Parcoursup, une étape anxiogène pour les jeunes comme pour leurs parents.

Si l'an dernier 84% des lycéens jugeaient la procédure "stressante", selon le ministère de l'enseignement supérieur, 77% des parents affirment également ressentir de l'anxiété face à Parcoursup, révèle jeudi une enquête menée auprès de 1.103 parents par L'Étudiant et la Fédération des Conseils de Parents d'élèves (FCPE), principale fédération de parents d'élèves de l'enseignement public.

Plus de quatre répondants sur 10 confient par ailleurs que cela provoque des tensions familiales et un tiers disent souffrir de troubles du sommeil.

Cette procédure, "c'est très stressant", confirme Delphine Bednarski, 43 ans, dont la fille Rose passe son bac cette année. Comme 60% des sondés, elle redoute une affectation insatisfaisante pour son enfant.

Cette coiffeuse de Lens a souvent entendu ses clientes raconter que leurs enfants n'avaient pas eu l'école souhaitée. Dans sa propre famille, l'expérience a laissé des traces: deux cousins de Rose n'ont obtenu aucun de leurs vœux et se sont retrouvés sans solution.

- "Complètement démunie" -

Sa fille de 17 ans, qui souhaite devenir éducatrice spécialisée, a formulé seulement trois voeux sur Parcoursup sur les dix possibles. "Même si on lui en imposait d'autres, elle ne voudrait pas y aller", souligne Delphine.

Rose s'est toutefois également inscrite à une formation de moniteur-éducateur, qui ne figure pas parmi les quelque 24.000 proposées par la plateforme, "où elle est presque sûre d'être prise", explique sa mère.

Elle aura ensuite jusqu'au 1er avril pour compléter son dossier, avec notamment une lettre de motivation, et confirmer ses vœux.

Face à Parcoursup, Delphine affirme se sentir "complètement démunie" et pas suffisamment armée.

Parcoursup, pour les parents, "c'est un peu comme si vous pilotiez un avion. Vous avez votre enfant à côté de vous, vous savez à peu près le cap, mais vous ne savez pas quels sont les vents, s'il y a des trous d'air et si vous n'allez pas être dévié", résume Grégoire Ensel, vice‑président de la FCPE.

À Paris, Sophie (qui souhaite rester anonyme), dont la cadette passe le bac cette année, a une vision plus nuancée. "L'outil Parcoursup ne me perturbe pas du tout. Je le trouve même clair et bien fait", assure l'ingénieure de 50 ans. Un avis partagé par la majorité des parents, puisque seulement 22% des sondés ont évoqué la complexité technique de la plateforme.

Sa cadette veut peut‑être devenir journaliste. "Elle hésite encore. Ce n'est pas Parcoursup qui m'angoisse, c'est l'orientation, le fait de devoir décider avec les compétences et les notes qu'on a."

"Je serai surtout stressée le 2 juin", au premier jour de la phase principale d'admission, concède-t-elle.

- La charge des mères -

Jusqu'au 11 juillet, les candidats recevront les réponses des formations sollicitées. Du 11 juin au 10 septembre, de nouveaux vœux seront possibles.

Dans 70% des familles, la gestion de l'orientation repose avant tout sur les mères. 80% d'entre elles déclarent une hausse de leur charge mentale, contre 53% des pères, selon l'enquête FCPE – L'Étudiant.

"Mon mari est impliqué aussi, mais c'est moi qui ai étudié toutes les possibilités, qui ai un peu dégrossi", admet Sophie.

Cette année, environ un million de candidats, néo-bacheliers et étudiants en réorientation, vont s'inscrire sur Parcoursup, qui a succédé au site Admission Post-Bac (ABP) en 2018, selon le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.

"C'est une plateforme qui fonctionne", avait-il soutenu début janvier. "Le premier jour, au moment du résultat des vœux, il y a à peu près deux tiers des candidats qui ont une proposition tout de suite", a-t-il rappelé.

En 2025, le nombre de candidats a augmenté de 34.500 sur un an à 980.000 (+3,7%), principalement du fait d'une hausse des lycéens en voie professionnelle ou des étudiants en réorientation. Parmi les 650.000 lycéens ayant déposé un dossier, près de 92% avaient reçu au moins une proposition.