Climat: La COP26 s'ouvre sur de nouveaux défis vertigineux information fournie par Reuters 01/11/2021 à 12:17
par Mark John et Katy Daigle
GLASGOW (Reuters) - Les dirigeants mondiaux ont commencé à arriver à Glasgow où va s'ouvrir ce lundi après-midi la Conférence des Nations unies sur le climat (COP26), confrontée aux défis vertigineux de la baisse des émission de gaz à effet de serre nécessaire pour limiter les effets du changement climatique.
La pression est d'autant plus grande que le sommet du G20, les vingt plus grandes économies mondiales qui sont aussi les plus gros pollueurs, n'a apporté ce week-end aucune avancée significative pour parvenir à l'objectif de "zéro émission nette" en 2050, jugé indispensable par les experts de l'Onu pour éviter une catastrophe.
Les dirigeants du G20 ont appelé à une action "significative et efficace" pour limiter le réchauffement de la planète, mais n'ont pas mentionné de date dans leur communiqué final et ont proposé peu d'engagements concrets, suscitant la colère des défenseurs de l'environnement.
La militante suédoise Greta Thunberg a demandé aux millions de personnes qui la suivent sur les réseaux sociaux de signer une lettre ouverte accusant les dirigeants des pays riches de "trahison".
"En tant que citoyens de toute la planète, nous vous appelons à répondre à l'urgence climatique. Pas l'année prochaine. Pas le mois prochain. Maintenant", a-t-elle écrit sur Twitter.
Beaucoup des dirigeants qui ont assisté au sommet de Rome se sont rendus dans la foulée en Ecosse où ils vont prononcer lundi après-midi leurs discours inauguraux à la COP26 avant deux semaines de négociations qui s'annoncent particulièrement tendues.
"L'humanité a depuis longtemps dépassé l'heure d'agir contre le changement climatique. Nous devons agir maintenant", va déclarer le Premier ministre britannique Boris Johnson à l'ouverture de la conférence, selon des extraits du discours qu'il doit prononcer.
"Si nous ne devenons pas sérieux aujourd'hui à propos du changement climatique, il sera trop tard pour nos enfants pour le faire demain", va-t-il ajouter.
ABSENTS DE MARQUE
Les divergences entre les plus gros pollueurs mondiaux sont illustrées par l'absence à Glasgow des dirigeants de pays qui n'ont pas encore souhaité prendre d'engagements fermes à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, comme la Chine, la Russie ou la Turquie dont le président Recep Tayyip Erdogan s'est fait porter pâle à la dernière minute.
Les désaccords portent aussi bien sur les politiques à mettre en oeuvre pour réduire la consommation de charbon, de pétrole et de gaz naturel que sur les moyens d'aider les pays pauvres à s'adapter aux conséquences du changement climatique, l'objectif de 100 milliards de dollars d'aides par an réaffirmé au G20 restant pour le moment virtuel.
A quelques heures de la cérémonie inaugurale de la COP26, la Maison blanche a remis un coup de pression sur la Chine en estimant que rien ne justifie qu'elle se dérobe devant ses responsabilités climatiques.
Le président Joe Biden avait déjà fustigé dimanche le manque d'engagement de Pékin et Moscou.
"La Russie et la Chine n'ont pour ainsi dire rien démontré en matière d'engagement à lutter contre le changement climatique", a déclaré à la fin du sommet du G20 le président des Etats-Unis, qui se heurte lui-même à de fortes résistances au Congrès pour faire adopter son plan environnemental.
Le président chinois Xi Jinping, dont le pays est de loin le plus gros émetteur mondial, se contentera d'une déclaration écrite à l'ouverture de la COP26, selon le programme officiel.
Retardée d'un an en raison de la pandémie de COVID-19, la COP26 doit maintenir en vie l'espoir d'une limitation de la hausse de la température mondiale à 1,5°C par rapport à la période pré-industrielle, au-delà de laquelle les effets du changement climatique s'annoncent selon les experts d'une ampleur catastrophique.
Un objectif dont la planète paraît bien éloignée aujourd'hui puisque selon les experts de l'Onu, sur la base des promesses actuelles des Etats et en supposant qu'ils les tiennent, la hausse atteindra 2,7°C à la fin du siècle.
L'enjeu de la COP26 est donc de parvenir à des promesses plus robustes des Etats pour réduire leurs émissions de CO2, débloquer des milliers de milliards de dollars pour financer la transition climatique dans les pays en voie de développement et de finir d'élaborer les règles de mise en oeuvre des engagements pris lors de la signature par près de 200 pays de l'Accord de Paris en 2015.
Après les discours inauguraux, qui vont s'étaler sur deux jours, les experts entreront dans le vif du sujet mercredi et tenteront de parvenir à un accord d'ici à la fermeture de la COP26 le 12 novembre, ou même après.
(Reportage Elizabeth Piper et Jeff Mason; écrit par Mark John et Kevin Liffey; version française Tangi Salaün, édité par Laetitia Volga)