CK Hutchison réclame plus d'1,5 milliard de dollars au Panama après l'annulation de sa concession portuaire information fournie par Boursorama avec AFP 20/08/2026 à 08:10
Le groupe hongkongais CK Hutchison a annoncé jeudi avoir engagé une procédure arbitrale contre le Panama après l'annulation de son contrat d'exploitation de deux ports sur le canal d'Amérique centrale, sur fond de rivalité entre Washington et Pékin.
"L'entreprise réclame plus d'1,5 milliard de dollars américains de dédommagement pour la perte de ses investissements au Panama", a déclaré le conseil d'administration de l'entreprise dans un document à la Bourse de Hong Kong.
Il précise avoir lancé la procédure pour "violations d'un traité de protection des investissements" qui ont conduit à la perte de sa concession.
En janvier, une décision de la Cour suprême du Panama avait annulé le contrat de la société Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, qui lui permettait d'exploiter depuis 1997 deux ports situés chacun à une extrémité de ce canal où transite 5% du commerce mondial.
"Le conseil d'administration désapprouve fermement les mesures prises par le Panama en violation du traité. La société continuera à rechercher une solution avec le Panama tout en faisant valoir au maximum l'ensemble de ses droits et recours en vertu du traité et du droit international", a écrit CK Hutchison jeudi.
PPC avait engagé en février une procédure d'arbitrage pour s'opposer à la suspension de son exploitation des ports sur le canal de Panama, réclamant au moins deux milliards de dollars de dédommagement.
La filiale continuera de mener sa propre action distincte de celle annoncée jeudi par CK Hutchison, a précisé le groupe de Hong Kong.
Les ports concernés sont ceux de Balboa sur la côte Pacifique et de Cristóbal sur la côte Atlantique.
Construit par les Etats-Unis et inauguré en 1914, cette voie stratégique de 80 kilomètres est passée sous contrôle panaméen en 1999. Près de 40% du trafic de conteneurs des Etats-Unis y est acheminé.
Le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l'an dernier d'en reprendre le contrôle, estimant qu'il se trouvait sous l'influence de la Chine. Pékin avance lui que le Panama cède aux pressions américaines.